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SuivreAu-delà des mères
Un jeu de piste et une aventure pour évoquer le drame absolu des enfants volés sous le franquisme : il n'est pas certain que Victor Iriarte, pour son premier long-métrage, ait choisi la voie la plus...
Un film hybride, qui reste volontairement à la lisière de plusieurs genres pour créer un effet d'étrangeté en capitalisant sur des acquis qu'il n'exploite qu'à moitié. Du coup, on peut en éprouver une certaine frustration, parce que rien n'est jamais mené vraiment à terme. Mais on peut aussi considérer que ça participe de son charme indéfinissable. Une femme au caractère bien trempé ne vit que pour retrouver l'enfant qu'on lui a volé à la naissance dans une Espagne encore très fortement marquée par le joug fasciste, bien que de manière plus occulte. A force d'enquêter sans relâche, elle se voit opposer une version destinée à la décourager : le bébé est mort à la naissance. Sauf qu'elle n'en croit pas un mot et qu'elle va tisser une toile à la limite de la légalité pour obliger l'un des collaborateurs du Mal à cracher le morceau. Là, un autre film peut commencer, chronique ensoleillée et mélancolique d'une famille en voie de recomposition, sur un rythme nonchalant qui laisse la part belle à la contemplation. Avant qu'un troisième ne lui succède, qui évoque vaguement certaines séquences de La Flor ou même de La casa de papel. Même si je n'ai pas lâché le morceau, on ne peut pas dire que je me sois laissé séduire, malgré de bons moments. C'est que les personnages ne pêchent pas vraiment par leur cohérence non plus. Ça fait quand même pas mal de couleuvres à avaler même si la vraisemblance n'est pas du tout l'enjeu de cette histoire. Sauf qu'elle s'attaque aux 300.000 bébés volés en Espagne depuis la Dictature et que ça ne colle pas vraiment avec un traitement à la limite de l'onirisme parfois. Enfin, je ne veux pas condamner complètement cette expérimentation étonnante, et je ne doute pas que d'autres que moi sauront se laisser emporter par une narration volontairement décalée, qui se réclame crânement de Roberto Bolaño.
Créée
le 8 mai 2025
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