Depuis plus d'un quart de siècle, le cinéma sud-coréen nous inonde de films sur les relations tendues entre les deux Corée. Quelques incontournables style JSA, d'autres très honorables de Coast guard à The spy gone north. Mais aussi quelques rejetons bien pompiers, façon Shiri ou Tae guk gi...
Double agent est plutôt dans une moyenne basse. S'il donne l'illusion de la réalité avec moult mentions de dates et lieux, qu'on ne s'y trompe pas ; c'est une pure fiction. Si on imagine facilement que des agents doubles existent dans pareil contexte, il reste bien difficile de croire une seule seconde à ce scénario tant il verse dans le mélo.
La mise en scène est très conventionnelle et plutôt plate. L'idée étonnante d'utiliser des standards de la musique romantique européenne en guise de BO aurait pu fonctionner. Mais des extraits de Nocturnes de Chopin ou du Crépuscule des dieux de Wagner sur tout ça ne font que renforcer l'effet mélodramatique.
Sur le reste, c'est l'habituel refrain patriotique de ce genre de production. Le chef a la mâchoire carrée ; des subalternes seront sympas et un peu nigauds ; et une jolie fille quelque part viendra perturber le héros, qui sera tout d'un coup tiraillé entre ce qu'il veut et ce qu'il doit. Bref, du vu, revu et archi-revu.
Ce qui sauve l'ensemble, c'est le ton finalement très peu porté sur l'action, plus proche d'un roman de John Le Carré que d'un blockbuster coréen. Mais ça ne suffit pas.