Depuis que je cultive ma passion pour le cinéma (rédaction d’articles et de critiques, mises à jour de sites participatifs, gestion d’une association, animation d’un podcast…), je me réjouis de pouvoir découvrir des films que, jamais, je n’aurais pris la peine de regarder. Ne serait-ce que pour peaufiner ma culture et d’étoffer mes horizons dans le domaine, au risque de tomber sur des œuvres que je n’apprécie pas – eh oui, c’est le jeu, ma pov’ Lucette ! Et c’est clairement dans ce cadre que j’ai pu me lancer dans le visionnage d’un titre tel que Douze Mille. Pour les besoins d’un article, j’ai voulu regarder ce film qui, de base, n’avait pas grand-chose pour titiller ma curiosité. Ou, du moins, n’avait à mon sens rien qui puisse lui permettre de sortir du lot. Car à première vue, le long-métrage de Nadège Trebal se présente comme un énième drame français traitant du milieu prolétaire. Ou comment un ouvrier, viré de son poste, va devoir se démener pour trouver de l’argent et subvenir aux besoins de son couple, de sa famille. Mais bien au-delà des thématiques sociales et éthiques – pourtant bien présentes dans le récit –, Douze Mille est avant toute chose une histoire d’amour, au postulat pour le moins atypique. Car ici, la réalisatrice Nadège Trebal s’amuse à lier désir et sentiments autour de la notion d’argent. Ne serait-ce que par l’adage du projet « Quand on aime, on compte », détournant la célèbre expression. Ou encore par l’écriture de certaines scènes, comme ce qui s’annonce être le remboursement d’une dette se présente à nous telle une joute sexuelle. Ce deal entre le protagoniste et une jeune femme, organisant des casses nocturnes devenant des valses sensuelles. Et bien entendu, l’intrigue même du film, durant laquelle notre héros devra prouver son amour – pour sa femme mais également pour soi-même – en atteignant une certaine somme d’argent. Tentant de ne jamais s’en détourner ou de la dépasser, synonyme de se perdre (dans les plaisirs de la chair, dans une vie de larcins…). C’est ainsi qu’il faut regarder Douze Mille, qui assume amplement son parti pris au point de dériver bien souvent dans la candeur et l’onirique. Stoppant par moment le temps afin de voir les personnages s’y lover. Mais si je reconnais tout cela et voit en ce film une tentative sortant des sentiers battus, je dois avouer que je n’ai pas été captivé par la proposition. Justement par ce concept, qui amène à du jeu beaucoup trop théâtral à mon goût. À des situations que je juge rocambolesques. À un décalage maladroit entre le cadre/les personnages et cette ambition romancée. Et, surtout, à ce que veut raconter l’ensemble, bien trop proche de l’ennui et de la vacuité pour me convaincre. Quoiqu’il en soit, cela m’a permis de m’exercer sur l’emploi de l’objectivité. Soit parler du film pour ce qu’il est, sans laisser transparaître mon ressenti. Et c’est pour cela que je me lâche à son sujet via les réseaux sociaux, le titre n’étant pas parvenu à me satisfaire – au point de regretter une œuvre plus classique, plus anodine. Qu’à cela ne tienne, il s’agit de mon avis, de mon appréciation : n’hésitez pas à découvrir Douze Mille pour vous faire votre propre idée ! Peut-être que la réalisation et l’audace vous parleront bien plus qu’à moi.

sebastiendecocq
3
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 2020, Les meilleurs films français de 2020 et Films vus en 2026

Créée

le 6 juil. 2026

Critique lue 10 fois

Critique lue 10 fois

D'autres avis sur Douze mille

Douze mille

Douze mille

8

frosto

le 1 juin 2020

Suivre

L'esclavage ou l'amour

Film très sympathique portant sur l'asservissement, à l'argent ou à l'amour. Frank vit de combines mais se fait dégager de son principal gagne-pain. Sa fierté lui impose de partir chercher du travail...

Douze mille

Douze mille

7

JanosValuska

le 22 févr. 2020

Suivre

L’économie du désir.

Il a les qualités et les défauts d’un premier film (de fiction, puisque sa réalisatrice a par ailleurs déjà réalisé deux documentaires) mais ses qualités marquent davantage l’esprit. Douze mille m’a...

Douze mille

Douze mille

3

sebastiendecocq

le 6 juil. 2026

Suivre

Critique de Douze mille par Sébastien Decocq

Depuis que je cultive ma passion pour le cinéma (rédaction d’articles et de critiques, mises à jour de sites participatifs, gestion d’une association, animation d’un podcast…), je me réjouis de...

Du même critique

Batman v Superman - L'Aube de la Justice

Batman v Superman - L'Aube de la Justice

8

sebastiendecocq

le 28 mars 2016

Suivre

Un coup dans l'eau pour la future Justice League

L’un des films (si ce n’est pas LE film) les plus attendus de l’année. Le blockbuster autour duquel il y a eu depuis plusieurs mois un engouement si énormissime que l’on n’arrêtait pas d’en entendre...

Passengers

Passengers

5

sebastiendecocq

le 29 déc. 2016

Suivre

Une rafraîchissante romance spatiale qui part à la dérive

Pour son premier long-métrage en langue anglophone (Imitation Game), Morten Tyldum était entré par la grande porte. Et pour cause, le cinéaste norvégien a su se faire remarquer par les studios...

La Fille du train

La Fille du train

4

sebastiendecocq

le 28 oct. 2016

Suivre

Un sous-Gone Girl, faiblard et tape-à-l'oeil

L’adaptation du best-seller de Paula Hawkins, La fille du train, joue de malchance. En effet, le film sort en même temps qu’Inferno (à quelques jours d’intervalles), un « Da Vinci Code 3 » qui attire...