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Why, docteur ?
En voilà, un film qui a bien mal vieilli... Sorti des studios hongkongais en 1996, à une époque donc pas si reculée que ça, Dr Wai fait, vingt ans après, mal à la tête, aux yeux et aux oreilles. Cet...
le 8 sept. 2016
Metropolitan / HK Video continuent les ressorties en blu-ray des films avec Jet Li, et après The Master, Dr. Wong en Amérique et Black Mask, voilà qu’arrive The Scripture with no Words (1996) sorti chez nous en VHS, DVD et maintenant Blu-ray sous le titre Dr. Wai, dans lequel Ching Siu-Tung (Duel to the Death, Histoires de Fantômes Chinois) revient au film d’aventure fun après The Raid (1991). Dr Wai est un film qui a toujours divisé les fans de Jet Li, et les amateurs de cinéma de Hong Kong de manière générale, certains considérant ce divertissement à gros budget comme un ratage brouillon bien ridicule, d’autres y voyant là une comédie d’aventures pulp qui amuse autant qu’elle ne se prend pas au sérieux. Le public a d’ailleurs été divisé à l’époque et Dr. Wai n’engrange qu’un timide 13M$HK au box-office Quelque part, les deux camps ont raison, mais c’est justement parce que le film est un bien gros bordel (quelque part justifié par le scénario) qui n’a pas peur parfois du ridicule qu’il en devient souvent vraiment fun et qu’il arrive à faire passer un bon moment.
Déjà au départ, Dr Wai est un film un peu particulier. En effet, il a eu droit à deux montage différents qui le changent quelque peu puisque chacun des deux montages existants (d’une durée presque similaire, 1h31 pour l’un, 1h27 pour l’autre) est raconté d’un point de vue différent. Dans le premier, le montage original hongkongais, un peu à la manière de Le Magnifique de Philippe de Broca où Jean-Paul Belmondo, écrivain en manque d’inspiration de son état, se projetait dans son héros en le faisant vivre des aventures extraordinaires, nous montre un écrivain en plein divorce qui doit continuer malgré tout d’écrire les aventures de son personnage, le Dr Wai, et qui va injecter dans son récit des personnages qui font référence à des gens de son entourage. Le film va alors alterner des séquences contemporaines et d’autres se déroulante dans les années 30, à l’époque de son héros, avec un Jet Li qui va camper à la fois l’écrivain et son personnage fictif. Mais il y a donc un deuxième montage qui a été fait à cause de problèmes budgétaires engendrés par un énorme incendie qui a détruit des décors d’une valeur de 10M$HK, avec des producteurs qui ont engagés Tsui Hark, aidé par Gordon Chan, pour réaliser des séquences supplémentaires pour une version qui sera destinée à l’exportation, supprimant les séquences contemporaines et réorganiser le récit de manière linéaire. Aucune des deux versions n’est clairement parfaite, la première étant effectivement très brouillonne, avec ces incessants allers retours d’une époque à l’autre, avec un scénario qui semble se construire sur le tas au fur et à mesure que certains personnages amènent de nouvelles idées à l’écrivain, la deuxième ayant parfois un côté artificiel puisque le film n’a pas été pensé comme ça au départ. Au final, les deux se valent et si vous n’aimez pas la première, vous n’aimerez sans doute pas la deuxième non plus (même chose si vous aimez) car il n’y a pas que le montage qui divise les gens, mais également l’humour très poussé du film, la succession de péripéties improbables, et les combats souvent over the top et trop câblés pour certains.
Alors oui, tout ce qui est décrié dans le film est justifié, avec parfois une absence de logique dans la partie aventure, avec un humour très présent et un Jet Li qui n’a jamais autant plaisanté et souri dans un film et des lignes de dialogues parfois improbables, avec des combats tellement câblés qu’ils gâchent un peu le talent des différents artistes martiaux au casting, aussi bien Jet Li que Collin Chou ou le kickeur Billy Chow. Mais nous sommes ici dans un film totalement pulp, assumé comme tel à 100%, pensé comme une bande dessinée d’aventures des années 30, et c’est sans doute dans cette optique là qu’il faut se lancer dans Dr Wai. Si on accepte ce postulat de départ, on prend un certain plaisir à voir déambuler cet excellent casting dans des aventures toutes plus folles et over the top les unes que les autres avec un train qui va dérailler en pleine ville, une statue de taureau géant qui jaillit sur une foule de figurants et qui finira « domptée » par Jet Li, des combats avec des ninjas, des sumos ou des épées en feu, ce joyeux bordel sans réel sens qui semble parfois improvisé au fur et à mesure que les personnages de Takeshi Kaneshiro et Charlie Yeung amènent des idées neuves à l’écrivain, ce côté Indiana Jones (voir parfois Jack Burton dans les Griffes du Mandarin) complètement assumé, des rebondissements improbables, des effets numériques délicieusement kitchs, et surtout une envie de pousser les potards à fond pour en donner pour son argent au spectateur en mal de divertissement à une époque où le cinéma de Hong Kong était en pleine crise avec l’approche de la rétrocession de 1997. Oui, comme dit plus haut, les scènes d’action chorégraphiées par Ching Siu-Tung sont trop câblées, mais elles sont réellement funs et surtout souvent assez spectaculaires, tantôt sauvages, tantôt comiques, avec même des gadgets tous droits sortis d’un James Bond comme ce stylo multifonction ou ce parapluie de combat. Le casting est des plus charmants et l’alchimie entre Jet Li et Rosamund Kwan qu’on avait pu voir dans les Il était une Fois en Chine est toujours présente ici. Dommage que Takeshi Kaneshiro et Charlie Yeung soient un peu gâchés dans des rôles secondaires pas assez travaillés. La mise en scène générale est un peu à l’image du film, parfois brouillonne mais suffisamment réfléchi pour proposer le divertissement que Dr Wai a envie d’être, entre spectaculaire et kitch.
Quel que soit son montage, Dr. Wai est une comédie d’aventures relativement sympathique, certes souvent brouillonne (surtout dans son montage hongkongais) mais aussi souvent fun avec un Jet Li en grande forme.
Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-dr-wai-de-ching-siu-tung-1996/
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Créée
le 10 mars 2026
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