Dragon Eyes par Florian Bodin
Voir Jean-Claude Van Damme à l'affiche fais toujours plaisir, mais quand on sait qu'il à aujourd'hui plus de la cinquantaine on se dit aussi que c'est généralement un faire-valoir commercial histoire d'attirer les fans. Et c'est bel et bien le cas avec ce Dragon Eyes.
Bien sûr le film n'a pas été réalisé dans le but de vendre du Van Damme, on ne sera donc que peu surpris de le voir foutre quatre ou cinq coups de pieds puis de le voir relégué au rôle de sensei. Ici c'est plutôt à Cung Le qu'on s'intéresse, champion poids moyen de Strikeforce MMA. C'est d'ailleurs la première fois que j'entends parler de lui et j'ai été agréablement surpris par son côté brutal, une sorte de boule de nerfs prête à exploser et à défoncer tout ce qui bouge.
Malheureusement on ne peut pas dire qu'il soit vraiment mis à contribution, les combats se résumant à des joutes certes brutales mais manquant nettement de pêche à cause d'un slowmo trop prononcé. On peut d'ailleurs aussi reprocher au film une approche très PG-13 car la moitié du temps les giclées de sang seront peu visibles ou hors champ histoire de ne pas trop en montrer. C'est bien dommage quand on voit à quel point un combat MMA peut être violent.
Le reste quand à lui ne s'apparente qu'à du vide et à une bien creuse histoire de vengeance et de guerre de gangs déjà vue des centaines de fois. Seul Peter Weller s'en sort un tantinet grâce à une sympathique scène de bondage mais rien d'autre à se mettre sous la dent, le reste du casting jouant aux méchants dealers complètement abrutis qui ne savent pas répondre autrement qu'avec le canon.
Bref Dragon Eyes, même si on ne lui en demandait pas beaucoup du point de vue scénaristiquen n'arrive même pas à se doter de solides et jouissives scènes de combat, à part la première de Cung Le en pleine rue. On reprochera surtout ce manque criant d'intensité dans les combats et cette volonté de masquer la brutalité pour s'ouvrir à un large public alors qu'il aurait été nettement plus drôle de voir des membres casser à vitesse réelle et en gros plan. Reste un Cung Le assez jouissif que l'on espère vite retrouver. Concernant le BluRay en lui-même, malgré une bonne qualité visuelle, on sera par contre consterné par le contenu rachitique en bonus ne se résumant qu'un à un making-of d'auto-promo mal amené ou Van Damme essaie tant bien que mal de défendre le scénario très profond du film.