Trop fréquemment à mon goût, l'argument du petit budget est mis en avant pour justifier l'indigence, la déficience et la stupidité de ce qu'on n'oserait même pas présenter comme une oeuvre cinématographique.
Le premier méfait de Stephen Shimek (semble t-il) n'échappe pas à la catégories des films ratés, insipides pour ne pas dire grossiers : dès les premières minutes de Dragon Hunter, on pressent malheureusement que ça ne va pas voler très haut quelque soit le bout par lequel on prendra ce métrage.
Car il devient vite évident qu'il n'y a absolument rien à sauver : un scénario qui tient sur un post-it, de rares fx qui semblent fabriqués par un enfant de 4 ans, un casting déplorable, des dialogues moisis mille fois entendus et régurgités n'importe comment, des doublages encore plus pourris (à croire que même les doubleurs français ne sont pas convaincus par ce qu'ils visionnent), des mouvements de caméra lors des scènes de combat dignes d'un parkinsonien, des plans trop rarement inspirés, une photographie catastrophique (beaucoup de scènes filmées en plein soleil supprimant par là toute possibilité d'une ambiance qui pourrait donner un quelconque crédit à ce qui est filmé dans le moment) et une bande-son trop présente qui, sur le long terme, déssert cette production déjà mal mise en valeur.
Alors, me demanderez-vous, pourquoi la note de 2/10 ? déjà parce qu'on ne peut pas mettre zéro même si parfois on a affaire à une vraie daube (si les créateurs de SC passent par là, merci de quand même prendre l'idée en compte) et aussi parce que ça revient à dire qu'il n'y a vraiment, mais vraiment rien de bon sur cette bobine ...
Or, il y a quand même de la lumière sur Dragon Hunter et même une fulgurance émanant de Shimek qui, rien qu'une fois, a eu la présence d'esprit d'engager une actrice intéressante et jolie (ce qui ne gâche rien pour notre plus grand plaisir), j'ai nommé la délicieuse et vibrante Kelly Stables. Et personne, semble t-il, sur le plateau de tournage ne s'y trompe : que ce soit le réalisateur, le DP (director of photography), le caméraman, toutes ces personnes concourrent à la mettre en valeur quand elle intervient dans une scène. Une scène, en particulier, me revient en mémoire et à ce moment précis, le temps arrête sa course, le texte débité se met en retrait, subitement, la lumière vient auréoler l'actrice, se refléter dans ses yeux, son jeu semble se nuancer et souligner une présence certaine.
Hélas, même la présence de l'adorable Kelly Stables ne suffira pas à éviter à ce film, un naufrage inévitable. Ceci étant établi, moi, je vous dis, rien que pour Kelly, je suis prêt à visionner de nouveau cet ersatz de film heroic fantasy ! (bon, surtout cette scène, hein ...)