Dragon Lord est réalisé par Jackie Chan, et le film est entièrement construit autour de lui. On le voit tour à tour jouer, se battre, faire le pitre. L’intrigue reste largement secondaire et sert surtout de prétexte à l’enchaînement des séquences.
Le film se caractérise par des scènes très étirées : l’examen que M. Ho fait subir à son fils Dragon (Jackie Chan), la longue séquence de jeu de volant, ou encore la compétition finale. Cet étirement produit un effet de rythme parfois peu maîtrisé, avec des ruptures dans la progression du récit.
Sur le plan de l’action, en revanche, le film est efficace. Les scènes sont inventives, généreuses et souvent spectaculaires. Elles témoignent d’un réel travail chorégraphique et d’un engagement physique constant. Il manque simplement un cadre narratif plus solide pour donner davantage de cohérence à l’ensemble.
Certaines séquences révèlent une influence claire du burlesque, notamment celui de Buster Keaton. On retrouve par exemple ces moments très précis où un personnage traverse un cadre vide dans un élément de décor, procédé que Keaton a utilisé à grande échelle dans Steamboat Bill, Jr.. Ici, comme chez lui, tout repose sur une précision millimétrée.
Dragon Lord reste une œuvre mineure dans la filmographie de Jackie Chan, mais elle se laisse regarder. Elle présente aussi un élément intéressant : l’apparition, au générique, d’extraits de chutes et de ratés du tournage, une pratique que Jackie Chan développera par la suite. Le film en offre déjà un aperçu significatif.
Plus je me fais mal, plus je veux faire des cascades. C’est tout moi. Oui, je peux le faire ! (J. Chan).