Depuis le temps qu’il traîne là celui-ci, j’ai enfin trouvé le prétexte pour le regarder. Alors que je finissais un genre de cycle Alex Garland, j’apprends qu’il serait le réalisateur officieux de l’adaptation de Judge Dredd de 2012. Tiens ? Certains diraient même qu’on doit considérer ce film comme son premier acte de réalisation. Ha ? Voici donc le prétexte attendu. Outre cette mission secrète, Garland signe le scénario et la production, ce qui expliquerait probablement sa volonté de finir le film malgré les problèmes avec le réal officiel.
Dans un futur qu’on espère lointain, il ne reste qu’une mégapole en Amérique du nord. Le reste du territoire est un vaste désert. Dans cette ville, les gangs sont maîtres et se partagent tous les business possibles. Pour faire régner l’ordre et la justice, on a simplifié le système. Des juges surarmés arrêtent, jugent, exécutent la sentence sur-le-champ. Dredd est l’un d’entre eux. Un jour, il se voit confier une débutante et leur mission tourne à la mission de survie dans un immeuble gigantesque infesté de criminels patibulaires.
Que tous ceux qui attendaient une autre adaptation de Judge Dredd lèvent la main ! Personne ? Bon. Et pourtant, le film est là. Comme j’avais plutôt bien aimé la version Stalone (cf ma gribouille d’il y a trois ans), ça se tente. Disons-le d’emblée, c’est une petite série B typique du genre. Au menu, de l’action (beaucoup), une installation par une voix off qui nous explique l’univers, des personnages assez caricaturaux, des grognements, une jolie fille, un casting fait de seconds couteaux. Si ça vous fait penser à tout un tas de bisseries des eighties, c’est normal. Mais quand on aime, ça n’est pas nécessairement un défaut. En l’occurrence, les scènes d’actions sont convaincantes et l’intrigue se déroule sans accroc ni grande originalité. Pas de recherche de prise de recul, on ne verra ici aucune mise en garde ni satyre. Tout ça est assez premier degré, bien plus que le film de 1995 qui avait ce goût de fin de siècle sans espoir. Donc non, l’intrigue ne comporte aucun tiroir et est de fait linéaire. À l’interprétation, rien d’extraordinaire et notre héros, pour se donner une contenance, se contentera d’une seule et unique grimace. A la mise en scène, il y a quelques essais et ils ne sont pas du meilleur goût, la faute à une tentative de 3D assez moche (comme souvent hein). En revanche, c’est pas vraiment plus beau mais j’ai bien aimé ces plans tournés en Phantom Flex, ces caméras ultra rapides qui permettent des ralentis très réussis. Franchement sympa.
Donc ? Une série B qui fait le job qui lui est demandé. C’est léger, fin et frais comme le rosé de la veille.
>>> La scène qu’on retiendra ? Ces plans en bullet-time sont quand-même cool.