Film-du-moment, Drive nous arrive enfin, auréolé de son succès Cannois et d'une excellente presse. Je l'ai moi-même trouvé vachement bien. Pas de quoi le porter aux nues, mais très intéressant dans sa fabrication et son développement.
Ça m'a un peu rappelé l'année dernière quand Stallone nous livrait The Expendables en guise de digestif après le coup de poing dans le bide que constituait John Rambo.
Drive est essentiellement un film gentil, tout doux. Tout rose. D'ailleurs le générique est rose.
Même les accès de violence sont stylisés au point d'être aussi poétiques que possible, là où Valhalla Rising en offrait sans concession.
C'est pourquoi ma position sur ce film est délicate car je ne comprends pas les myriades de spectateurs qui l'ont trouvé d'une violence inouïe. Y compris des gens qui adorent... Faut sortir un peu les gars !
Le film est une longue fable, Nicolas Winding Refn cite ouvertement la parabole de la Grenouille et du Scorpion.
Ryan Gosling, c'est la grenouille. Il porte littéralement le scorpion sur son dos même s'il sait que ça peut nuire à sa propre vie. Il prend la décision d'aider.
Et tout du long ses décisions le conduisent (!) dans les tréfonds de l'âme humaine, jusqu'à se déshumaniser totalement ( avec son masque ) et piéger le boss de fin, en exploitant sa propre nature.
Ma théorie c'est qu'il s'est mis un blindage et une poche de faux-sang pour déconner. Après tout il s'y connait en cinéma ! C'est pour ça qu'il est en vie à la fin...
Mais j'aurais quand même préféré qu'il meurt :
"Il est préférable que nous mourrions tous les deux plutôt que je laisse la vie à mon ennemi."