Ayant découvert l'existence de ce film il y a seulement quelques jours via sa bande-annonce, j'ai voulu me laisser tenter par ce premier long-métrage de cinéma réalisé par Simon Bouisson (que j'avais découvert en 2019 avec le très chouette film interactif «République»).
Entre traque et voyeurisme, un techno-thriller parano dans la veine de «Boîte Noire» et «L’œil du Mal»...et avec une touche de «Christine».
Formellement, l'ensemble est vraiment maîtrisé, qu'il s'agisse de la mise en scène, en particulier lors des plans tournés au drone, fluides et d'une grande virtuosité, ou encore du soin apporté au son, et qui font de cette machine volante un personnage à part entière du film, sorte d'ombre mécanique et menaçante se déplaçant dans la nuit parisienne.
Une œuvre dans laquelle la forme prévaut sur le fond, et cela se ressent une grande partie du film malheureusement.
Car oui, son écriture n'est pas au niveau de sa réalisation, venant mettre un certain frein à mon immersion vis-à-vis du film.
Comme si son auteur-réalisateur s'empêchait d'aller à fond dans le côté "horrifico-technologique" (ce qu'il finit par faire dans son dernier tiers, un peu plus efficace à ce niveau-là, avec son "monstre sans visage" (ou presque) et sa "final girl") et y rajoutait des histoires secondaires assez artificielles, ne semblant servir qu'à rallonger la durée du film. Sans oublier la caractérisation assez basique de sa protagoniste principale.
Dommage, car les thématiques de l'intrusion dans l'intimité, du harcèlement virtuel et bien sûr du regard (l'observateur et l'observée / la cam-girl et son client) sont bien là et portaient en elles un potentiel certain. Mais c'est dans son exécution narrative que quelque chose à du mal à prendre pour moi.
Un film de genre sur l'obsession et l'emprise à l'ère numérique qui a le mérite d'exister dans le paysage cinématographique français. Un film malheureusement un peu trop long et timide, où l'ambiance prime sur le récit, trop fragile. Et un ressenti plutôt mitigé à la sortie de la projection.