Premier long-métrage d'un jeune réalisateur qui depuis a fait deux ou trois films qui lui ont apporté une certaine notoriété, Duel se concentre sur l'affrontement entre une Plymouth et un monstrueux camion. Et quand je dis ça, autant nous verrons souvent le conducteur de la plymouth, autant le conducteur du camion restera mystérieux.
Car Duel, c'est avant tout un film de monstres, et ce camion est particulièrement réussi, et bien filmé, pour nous donner l'impression que toute cette malveillance vient bien de la machine. Cela annonce finalement Les dents de la mer, ou même Jurassik Park, Dennis Weaver est ici aussi face à une machine à tuer qu'il est impuissant à raisonner, et donc il doit lutter ou fuir.
On pourrait se dire que résumer tout le film à ceci est un peu risqué, mais on a une assez belle caractérisation du personnage de Dennis Weaver, qu'on reconnaît dans l'émission qu'il écoute où un mec se plaint de ne pas être "l'homme du ménage". Voilà l'occasion pour lui d'affirmer sa virilité, face au danger qui menace. Et puis il y a la séquence avec la femme aux prédateurs, qui s'occupe de coyotes, serpents et araignées. C'est peut-être moi, mais elle a beau apparaître très peu de temps à l'écran, je trouve ce moment poignant. Comme quoi on peut faire beaucoup avec peu!
Duel est un beau coup d'essai, même si ce n'est pas le plus abouti de la filmographie de Spielberg : un film qui tient la route, et s'il apparaît aujourd'hui comme un peu rétro, il n'en reste pas moins que la carrière de Spielberg a démarré sur les chapeaux de roue. En voiture, donc!