Sur la forme c'est assez réussi, des instants assez immersifs, où l'on ressent bien que l'ascension (et la redescente) d'une montagne n'est déjà pas qu'une partie de plaisir, les images impressionnent parfois par leur atmosphère et leur violence réaliste, certains passages de l'ascension (la descente surtout) font vraiment leur effet, on ressent plutôt bien le calvaire de ces alpinistes dans cette situation cauchemardesque. C'est côté narration que je trouve ça faiblard. Déjà c'est trop long, ça aurait gagné un peu à être raccourci d'une grosse demi-heure au moins, parce que c'est surtout les parties hors ascension qui sont bancales, malheureusement ça étire pas mal le film en longueur. Et quelle conclusion grotesque ! (spoilers) La veuve choisit de quitter l'Europe, pour New York, parce que "c'est l'amour qui l'a mené jusque là"... Déjà son personnage ne passionne guère, ni son parcours avec son riche supérieur du genre opportuniste, qui n'est qu'une vulgaire reprise du premier couple éphémère de Titanic au passage (Billy Zane / Kate Winslet). Le mec soutient ouvertement le nazisme bien sûr, mais quand elle dit qu'il y a trop de gens comme lui à Berlin, et qu'elle quitte l'Europe pour l'Amérique, et que le film se termine sur ce dernier plan aérien de NY avec en arrière plan ses grandes industries justement, c'est comment dire se tirer une balle dans le pied... Qu'est-ce qu'elle a fui à Berlin au juste ? L'Allemagne nazie ou les hommes cupides ? Parce que sur l'Allemagne nazie on a strictement rien sur ce qu'elle en pense tout le long du film, comme tous les autres personnnages d'ailleurs, il n'y a pas vraiment de nuance profonde sur le contexte potilique. Son supérieur est ouvertement nationaliste c'est vrai, mais après tout est-ce surprenant pour un type dans son genre et dans son contexte ? Il ne fait rien d'autre que rentrer dans le moule avec cynisme pour s'élever socialement, donc comme énormément d'hommes d'affaires partout dans le monde. Qu'est-ce qui la fait partir ? Quel est le point de bascule ? La mort du héros ? Alors quoi, elle remballe son supérieur en affirmant qu'il y a trop de gens comme lui à Berlin, mais avant la mort de son homme tout allait bien alors ? Et tout à coup il n'y a plus assez de gens bien ni à Berlin ni en Allemagne ni en Europe ni ailleurs ? Et même là l'absurde continue, quand on sait qu'elle a fui son monde pour aller vers là où le capitalisme est roi... C'est juste une conclusion à l'arrache dans le politiquement correct, et on prend donc ce raccourci absurde : elle s'en va à New York par amour. Un comble.