La première chose qui frappe devant Dumb Money, c’est à quel point il marche dans les traces de la vulgarisation technico-financière satirique laissées par The Big Short de Adam McKay, et semble s’enfoncer à chacun de ses pas. In fine beaucoup plus proche de la galéjade inoffensive façon The Laundromat que de son modèle, car manquant cruellement d’un souffle, d’une rythmique, d’une énergie.
Et pourtant le casting est plutôt clinquant, l’exposition de l’affaire GameStop et son jargon plutôt limpide, et l’aspect choral du récit plutôt bien tenu. Mais une réalisation plate, une photographie banale et une écriture manquant de mordant peinent à faire passer la pilule, et on aura tôt fait de s’ennuyer devant l’évidente redite, le schéma étant clairement mal digéré.
Pas foncièrement mauvais, mais carrément dispensable et oubliable. Et le sujet, traité via la lutte des petits contre les grands, ne peut in fine que conclure sur un constat réalistiquement déprimant, sans surprise.
Pour l’anecdote cocasse, on pourra s’étonner de voir au crédit la firme de production des frères Winklevoss, les mêmes que l’on a vu lésés par Mark Zuckerberg dans The Social Network, tandis que le roman adapté dans Dumb Money s’appelle The Anti-Social Network. Ont-ils mis les pépettes juste pour la petite pique gratuite, sans même réaliser que le film de Craig Gillepsie tend plutôt à attaquer ce genre d’hommes d’affaires nantis?