Si on ne reconnaît pas spécialement la touche de Tim Burton dans ce film, on ne peut pas dire pour autant que c’est une mauvaise chose… il ne faudrait pas que le réalisateur s’enferme dans des automatismes barbants (les visages pâles et l’ambiance gothique ça va 5 minutes, mais ça peut vite devenir gonflant à la longue). Aussi ce Dumbo apparait particulièrement ordinaire si on le compare au reste du catalogue de l’artiste, mais il n’est pas dépourvu d’intérêt, bien au contraire.
Dumbo est donc le remake du classique Disney (merci, tout le monde est déjà au courant), et il nous propose une nouvelle lecture, plus moderne, avec des thèmes récurrents : la différence, les particularités qui deviennent des forces, l’accomplissement… Mais aussi quelques nouveautés : le deuil, l’avarice, et plein d’autres sujets de fonds, qui devraient largement satisfaire tout le monde. Je ne vais pas vous ennuyer avec l’histoire et partir du principe que tout le monde la connait.
Avant toute chose, je dois dire que j’ai été extrêmement divisé par ce remake, pour être concis je vais formuler les choses ainsi : la première partie m’ennuie profondément, la seconde (avec l’arrivée de Michael Keaton) me divertit pleinement. La première partie se concentre sur les événements racontés dans le film d’animation, avec un manque de saveurs abyssales. La seconde partie, développe l’intrigue et l’envoie vers des horizons insoupçonnés : les talents de Dumbo attirent les convoitises d’un directeur de parc à thème haut en couleur, qui engage la troupe de cirques afin de monter une nouvelle attraction. Je dois dire que le royaume de Dreamland est ce que je préfère dans le film.
D’un point de vue technique, le film est quasiment irréprochable. J’adore les effets spéciaux, l’esthétique de l’œuvre, les décors somptueux. L’intrigue en deux temps est plutôt bien pensée, même s’il faut s’accrocher un petit peu avant que le film devienne vraiment intéressant. Les personnages n’ont pas réellement des personnalités remarquables et je trouve qu’ils répondent davantage à des archétypes usés, mais enfin, il n’y a rien de très repoussant non plus. Le gros hic vient du traitement réservé à Dumbo, qui n’est clairement plus le héros de son film. J’aurais préféré davantage de scènes de pantomime, dans lesquelles il aurait été mis en valeur, ainsi qu'une plus grande tendresse à son égard, une véritable intention de le présenter au premier plan. Ce n’est pas le cas. Le plus gros du film se concentre sur les protagonistes humains. Dommage. Par ailleurs, les séquences le mettant en scène se résument presque toujours à un groupe d’humains, cote à cote, qui regardent avec pitié ou compassion un fond vert. En effet, l’éléphanteau ne prend pas suffisamment part à l’action et est relégué à un élément de décor.
Les autres aspects du film, la musique, les dialogues, les acteurs… sont tous très soignés, mais ils ne provoquent pas l’effet waouh !
Honnêtement, je ne sais pas si je préfère ce film au classique, chacun a ses propres défauts, souvent inhérents à son époque de production. Ce qui est sûr, c’est que ce remake n’est pas un chef d’œuvre. Un peu facile dans le fond, il demeure tout de même divertissant.