Le film commence en 1919. De retour de la guerre de 14-18 où il a perdu un bras, Holt Farrier (Colin Farrell) revient au cirque ambulant Medici Brothers’ où, avant son départ pour l’armée, il présentait un numéro d’équitation vedette avec sa femme Annie, morte de la grippe espagnole alors qu’il était au combat. Pendant son absence, ses enfants, Milly (Nico Parker) et Joe (Finley Hobbins) ont été pris en charge par la troupe mes ses chevaux et tous ses biens ont été vendus, car le cirque, dirigé par Max Medici (Danny DeVito), a subi le contrecoup de la guerre.
A la place de ses chevaux, Holt est chargé de s'occuper d'une éléphante récemment acquise sans savoir qu’elle était enceinte, Mrs. Jumbo. Lorsqu'elle accouche de son bébé, celui-ci est considéré comme un monstre car il est affublé d'oreilles gigantesques dont tout le monde se moque. Mrs. Jumbo, rendue furieuse par les quolibets et les jets d’objets divers que le public lance à son petit, s’affole et fait s’effondrer le chapiteau. La considérant comme dangereuse, le directeur du cirque la revend pour moitié de son prix. Lorsque Dumbo est brusquement séparé de sa mère, les enfants Farrier, en voulant le consoler, s’aperçoivent qu’en respirant une plume, il est capable de s’envoler en utilisant ses oreilles démesurées. Grâce à Dumbo, le cirque regagne en notoriété et attire l’attention de V. A. Vandevere un richissime entrepreneur de spectacles de New York qui gère le parc d’attraction de Coney Island. Celui-ci propose à Medici de s’associer avec lui et emmène la troupe à New York. Eblouis au début par la magnificence des installations qu’ils découvrent, Holt Farrier et ses enfants déchantent rapidement devant les méthodes brutales de Vendevere et, aidés par la troupe que celui-ci a licenciée, et avec la complicité de Colette Marchant (Eva Green), une trapéziste française, ils se rebellent et rendent la liberté à Dumbo et à sa mère.
Mon opinion
On aurait pu s’y attendre : le Dumbo de Burton n’est pas celui de Walt Disney sorti en 1941. Pourtant, beaucoup de parents, sans doute séduits par une affiche a priori attirante, s’y sont laissés prendre : la salle était pleine d’enfants dont certains très jeunes ont dû être marqués par l’ambiance terriblement sombre, très « burtonienne », du film. Je déconseille donc à ceux qui n’ont pas encore amené leurs enfants jeunes voir ce Dumbo-là, de ne pas le faire car les scènes traumatisantes se succèdent, de l’arrivée du père des enfants, amputé d'un bras, à la séparation cruelle de la mère éléphant et de son bébé, aux maltraitances qu'elle subit, en passant par les sarcasmes dont le public accable Dumbo. Et je passe les scènes de l’effondrement des chapiteaux et de l’incendie de la fin… Bref, du pur Tim Burton sous couvert d’un film pour enfants. Ce Dumbo n’a rien du gentillet dessin animé de Disney, même s’il reprend assez bien l’histoire originale d’Helen Aberson, qui comportait déjà des situations dramatiques.
Ces réserves faites, un public adulte saluera la réécriture réussie d’un grand classique du cinéma.