Cette adaptation de Dune par David Lynch est une œuvre profondément ambivalente, à la fois fascinante et largement défaillante. On y trouve une ambition considérable, une invention visuelle marquante, des décors baroques, une atmosphère envoûtante et un univers mémorable qui laisse une empreinte durable, porté par un casting solide et certains thèmes chers au cinéaste, notamment le rapport au corps et au malaise organique. Lynch parvient par instants à donner une forme singulière à l’épopée mystique imaginée par Frank Herbert, créant un monde étrange et dépaysant dont les images, les noms et les concepts continuent de résonner longtemps après la projection.
Mais ces qualités sont étouffées par un scénario trop dense et mal adapté, rapidement confus, plombé par des voix off inutiles et un montage décousu qui donne l’impression d’un film inachevé. L’esthétique, très marquée par les années 80, a souvent mal vieilli : effets spéciaux datés, choix visuels parfois de mauvais goût, contrastant avec quelques réussites isolées. Dune ressemble davantage à l’esquisse d’un grand film impossible qu’à une œuvre pleinement aboutie : décevant mais pas sans intérêt, imparfait mais difficile à oublier.