Un miracle ! Ce film est un miracle ! Il arrive à la fois à nous gaver d'informations et de concepts par des voix off insupportables ET à être confus voire franchement incompréhensible par moments. Mais le plus gros problème de Dune est son rythme : trop lent pour rien dans sa première moitié où l'on peine à saisir les enjeux de cet univers et beaucoup trop rapide dans la seconde moitié (l'histoire d'amour est dite en littéralement trois phrases, le héros s'intègre dans la tribu et forme des milliers de soldats en une ellipse, on rajoute un duel pour matérialiser une rivalité sorti de nulle part ...). C'est absolument indigeste et les effets déjà obsolètes en 1984 n'aident pas à prendre au sérieux un film qui donne tout simplement envie de vomir.
On perçoit pourtant quelques qualités sous cette épaisse couche de merde. Les costumes sont intéressants et la musique, elle, est vraiment sympa si bien que le thème principal aurait pu être iconique. Les vers de sable sont pour le coup plutôt bluffants d'un point de vue purement esthétique mais ces derniers invitent à évoquer l'autre catastrophe de Dune : l'univers est inconséquent. Les rivalités géopolitiques ne reposent sur rien de tangible (on ne voit pas en acte la dépendance à l'épice), on ne voit aucun peuple vivre et subir la guerre et on ne perçoit dans les batailles rien d'autre que des manœuvres de figurants. Les vers de sable, s'ils ne sont pas aussi ridicules que le reste des effets spéciaux, ne sont qu'à une seule reprise (lors de la première rencontre) des facteurs d’inquiétude réelle et de tension tangible. Le reste du temps ils ne sont que des éléments de décors qui se déplacent sur un écran derrière les personnages sans jamais les mettre véritablement en danger.
On peut démontrer cela en suivant l'exemple des Fremens, habitants de Dune et révélateurs du caractère factice de cet univers. On peut par exemple comparer Dune à Tatooine. En effet sur cette dernière, on voit se développer une société logique (pauvreté due au manque de ressources premières avec une économie basée sur l’élevage, le démantèlement de vaisseaux et la contrebande) tandis que les Fremens eux semblent vivre dans des grottes sans rien faire, avec une population composée de 99% de mâles qui sont tous des soldats. Il n'ont pas de maisons, pas de source de nourriture bref, pas de quotidien derrière la caméra. Et cette démonstration est reproductible avec tous les groupes présents dans ce film (par exemple l'empereur n'est jamais montré dans sa puissance, il n'est qu'un acteur avec un costume d’empereur).
Une bonne grosse daube qui à au moins le mérite de donner envie de lire le roman.