Décidément Waititi est plein de ressources. Entre Jojo rabbit et What we do in the shadows, ce premier long-métrage de 2007 curieusement titré A chacun sa chacune en français, annonçait ce don pour la parodie, mêlant humour absurde et tendresse avec un vrai rythme de la narration et un savoir-faire incontestable pour la maîtrise de la caméra qui vont marquer son cinéma jusqu'à aujourd'hui.
Le regard intimiste sur une Nouvelle-Zélande simple et décalée à la fois, avec ses splendides paysages et ses populations qui semble n'être de nulle part, provoque une sympathie immédiate. Jemaine Clement (Jarrod) comme Loren Taylor (Lily) sont à craquer tant ils savent se montrer gauches à leur manière. Et tous les losers qui les entourent, parfaitement campés, inspirent un univers à la Delépine & Kervern (l'aspect glauque et désespéré en moins) mâtiné de Pushing daisies. On n'envie pas les personnages "normaux" quand on découvre cette touchante société de monstres sociaux.
Une comédie fraîche et pas prétentieuse pour un sou, à regarder par tou(te)s en toutes circonstances.