EARLY WINTER (13,5) (Michael Rowe, CAN/AUS, 2016, 96min) :
Ce prégnant drame psychologique dépeint la relation d’un couple (avec deux enfants) à la vie tranquille dans une petite ville du Canada. David, le mari travaille de jour comme de nuit dans une maison de retraite, sa femme Maya, loin de sa famille russe, se morfond en restant enfermée à la maison jusqu’au jour où son conjoint la soupçonne de le tromper. Michael Rowe lauréat de la caméra d’or avec l’érotique et prenant «L’année bissextile» nous revient pour ausculter au plus près les liens du couple. Sa méticuleuse en scène austère utilise avec minutie les plans séquences, et de nombreux cadres fixes où les protagonistes se déplacent nonchalamment comme pour signifier la déliquescence lente du couple Le réalisateur retranscrit par de menus détails l’éloignement des deux personnages qui s’enferment un peu plus chacun dans leur solitude. Malheureusement comme le climat d’hiver régnant en dehors du foyer, cette mise en image, tout en retenue manque de flamme et fige un peu trop l’intrigue. Le scénario quasiment exclusivement du point de vue du mari se dévoile par petites touches, pour nous faire découvrir les traumatismes du passé pour David et les tourments présent pour Maya. Des intrigants portraits alimentés par des longs silences et des ellipses qui laissent planer un certain mystère jusqu’à longue scène finale mélodramatique. Un couple qui se désagrège parfaitement interprété par l’impeccable Paul Doucet et la formidable Suzanne Clément, d'une justesse incroyable dans un rôle ingrat. Venez observez ces scènes de la vie conjugale version canadienne dans "Early Wnter". Âpre. Cruel. Glaçant.