Récompensé par la Caméra d'Or en 2010, Michael Rowe, né en Australie mais réalisateur mexicain (?), change encore de pays avec Early Winter, tourné au Québec en anglais et français. On a vu beaucoup de films bavards en ce début d'année, celui-ci est à l'opposé, quasi bergmanien dans ses silences et surtout ses non-dits. La suspicion et la jalousie alourdissent l'atmosphère dans un couple qui s'aime, très certainement, mais où le poids du passé et l'usure du temps révèlent des failles qui pourraient devenir fatales. Early Winter use de longs plans séquences, répétitifs, avec un arrière-plan à peine esquissé (la maison de retraite). Le film est assez explicite sur les affres psychologiques de l'homme et beaucoup moins sur celles de son épouse dont on ignore à peu près tout du quotidien. C'est une faiblesse du scénario mais qui permet à son interprète, l'excellente Suzanne Clément (vue chez Dolan et bientôt chez Lanners), d'exprimer son talent de manière impressionnante.