Eat
5.6
Eat

Film de Jimmy Weber (2014)

Eat n'est ni une comédie trash, ni un drame déviant, ni un film gore. Il se définit pourtant selon ces trois genres, et ne cesse de passer de l'un à l'autre sans jamais parvenir à faire cohabiter les 3 selon un tout cohérent. Ainsi, les crises d'auto cannibalisme de l'héroïne n'ont aucune justification psychologique, elles arrivent juste régulièrement pour justifier un peu l'argument gore, avec des maquillages sympathiques qui ne culminent hélas jamais vraiment (il y en a de bons, sans qu'on soit vraiment satisfait). Le reste du temps, on suit le quotidien fort peu passionnant d'une actrice qui n'arrive pas à percer dans hollywood et qui enchaîne les tournages miteux. Les humiliations quotidiennes qu'elle subit sont finalement le seul argument réellement comique du film, car ce personnage est si pathétique que de voir son monde médiocre quotidiennement l'humilier a quelque chose d'impayable. Car on n'a pas une minute pitié d'elle tant le réalisateur essaye de souligner les instants dramatiques à coup de ralentis ahurissants, de musiques criardes, de dialogues échangeant des banalités assénées comme des vérités profondes... La séquence de casting porno est tellement drôle involontairement qu'on prend conscience d'à quel point le film a raté ses objectifs. Il voulait être une petite série B dramatique qui finit par sombrer dans la folie, il est en fait le cousin de Feed, en moins généreux et vulgaire.


Régulièrement, l'héroïne dit qu'elle va sortir, en boîte par exemple. Et alors qu'elle parle, on entend du dubstep qui monte crescendo. Et on sait déjà qu'on va voir des plans ralentis avec des éclairages colorés et de la danse inutile. Et boum, ça ne rate pas. En cela, le film est continuellement frustrant dans son incapacité à surprendre. Toutefois, ses trolls involontaires (le dénouement de l'histoire amoureuse est un des plus gros fous rires que j'ai pu avoir ces derniers temps) sont tellement drôles en comparaison de l'intensité dramatique recherchée que les amateurs de nanar y trouveront largement leur compte. Reste à garder quelques bières à portée de main, ainsi que le portable pour les longues séquences de dialogues. Quant un type qui s'est fait tirer dessus laisse une marque sanglante sur la vitre de voiture de l'héroïne, et que celle ci reste sur la vitre pendant tout le reste du film (elle passe plusieurs jour à conduire en ville avec une marque de main sanglante sur la bagnole sans jamais penser à l'essuyer), on peut quand même dire qu'on a affaire à un ratage d'une ampleur magistrale. Nul donc, mais sympathique.

Voracinéphile
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le 11 sept. 2016

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