J’ai vu Eaux profondes avec Ben Affleck et la sublime Ana de Armas. On est clairement plus proche d’un téléfilm que d’un grand thriller de cinéma, mais l’ensemble reste agréable à regarder. Ce qui fonctionne vraiment bien, c’est la tension permanente entre les deux personnages. Leur relation toxique est retranscrite de manière assez crédible, presque dérangeante par moments. Et forcément, le fait de savoir qu’à l’époque, Ben Affleck et Ana de Armas étaient en couple dans la vraie vie ajoute une couche de lecture intéressante, presque voyeuriste. Par contre, difficile de ne pas remarquer que Ben Affleck semble enfermé dans un certain type de rôle. Que ce soit dans Gone Girl ou même dans sa version de Bruce Wayne, il incarne encore une fois un homme froid, renfermé, presque dépressif. Alors oui, il le fait très bien, c’est même sa force, mais ça donne aussi l’impression qu’il tourne un peu en rond.
Pour résumer l’intrigue, on suit un couple où la femme multiplie les aventures extraconjugales, avec une forme de consentement ambigu de son mari… jusqu’à ce que la situation devienne de plus en plus malsaine. Le film joue alors sur une tension psychologique, sans jamais vraiment basculer dans quelque chose de totalement assumé ou extrême. Ce n’est clairement pas un grand film. Le scénario reste assez classique, parfois même prévisible, et manque d’un vrai moment fort qui viendrait marquer les esprits. En revanche, la fin est assez particulière, elle intrigue plus qu’elle ne satisfait. Il n’y a pas de véritable conclusion dramatique, pas de résolution nette. L’histoire semble simplement s’arrêter, comme si elle pouvait continuer après le générique.
Et c’est peut-être ça le vrai problème du film, il laisse un sentiment d’inachevé. Pas forcément frustrant, mais suffisamment flou pour qu’on reste un peu sur sa faim.