His & Hers fait partie de ces mini-séries qui avancent masquées. Au départ, tout semble tristement familier, un thriller psychologique à deux points de vue, une enquête qui sent le déjà-vu, des mécaniques narratives qu’on croit avoir vues mille fois. Les premiers épisodes donnent presque l’impression d’un produit Netflix standardisé, propre, bien joué, mais un peu trop sage, un peu trop prévisible. On se dit qu’on a compris où ça va, et surtout comment ça va finir. Et puis il y a Jon Bernthal. Comme souvent, il apporte une densité et une tension que le scénario n’a pas toujours sur le papier. Il joue juste, il joue sec, il joue nerveux et il arrive à donner du poids à des scènes qui, sans lui, seraient presque banales. Il ne sauve pas toute la série, mais il lui donne clairement une colonne vertébrale.
La force de His & Hers, ce n’est ni son rythme (parfois un peu mou), ni son écriture (souvent trop explicative), ni même sa mise en scène (fonctionnelle, jamais mémorable). Non. Sa vraie force, c’est son final. Et c’est là que la série devient intéressante. Sans spoiler, là où tu pensais être dans un thriller balisé, elle décide, tardivement mais fermement, de te retirer le tapis sous les pieds. La conclusion recontextualise tout ce que tu as vu, et surtout tout ce que tu croyais avoir compris. Ce n’est pas un twist gadget, ce n’est pas un retournement “pour faire parler sur Twitter”, c’est une fin qui change le sens moral et émotionnel de l’histoire. Est-ce que la série est incroyable ? Non. Clairement pas. Elle est même souvent trop sage, trop lisse, trop prudente dans sa façon de raconter. Mais ça faisait longtemps qu’une série ne m’avait pas vraiment surpris sur sa dernière ligne droite, et rien que pour ça, His & Hers mérite d’être vue.
C’est une série imparfaite, parfois presque banale… mais qui a l’intelligence et le courage de ne pas finir comme tu l’attends. Et aujourd’hui, c’est devenu suffisamment rare pour être salué.