Deuxième long métrage de Nanni Moretti après Je Suis Un Autarcique (tout un programme), ce film-ci commence par me donner la pénible impression que de l’autarcie, à ne pas confondre avec l’autisme, Nanni n’est pas encore sorti : le personnage qu’il joue est une bande de jeunes qui sont mal dans ce monde à lui tout seul.
Si le message est que les jeunes gauchistes italiens du début des années de plomb ne vont pas bien, eh bien, on peut lui demander pourquoi ils iraient mieux que leurs congénères dans les autres pays du monde « libre », puisque pour eux (et pas seulement pour eux) le monde ne va pas bien.
Moretti pratique beaucoup l’autodérision et s’il rend hommage à des comiques tels que Sordi (nommé deux ou trois fois) et Keaton (postérisé une fois), il le pratique moins bien que le très jeune Woody Allen, celui de Bananas, car Woody, même alors, nous raconte une histoire tandis qu’ici, quand l’un des personnages à la fin déclare « Je ne comprends rien à cette histoire », je ne peux que me dire : « Mais cet aveu, mon vieux, suffit-il à donner un sens à ton film et au temps que j’ai passé à le regarder ? Que nenni, mon Nanni ! »
Bref pour en finir avec l’autodérision et l’ « autoconscience » (en attendant « auto auto » ou « l’auto e mezzo ») je dirais qu’il y en a qui pratiquent l’autodérision et que Nanni pratique ici l’autocritique de l’autodérision.
Problème (au moins pour moi) : ça ne me fait pas rire souvent. Certes il y a bien quelques moments très drôles comme ce « Festival du Bonheur » devant presque personne en attendant pour le soir même un demi million de spectateurs, mais ils sont comme les spectateurs du festival cité : bien trop rares.
Pour ce qui est du titre, « Ecce bombo » est ce que crie sur la route qui longe la plage où la bande à Nanni a passé à attendre le soleil (la vérité ?) du mauvais côté (puisqu’il s’est levé de l’autre) un homme qui pédale sur un tricycle de vendeur de glaces ambulant, sauf que ce qu’’il trimballe ne ressemble nullement à des glaces. « Ecce bombo », à la différence de « Ecce Homo », il a fallu que j’aille sur Reverso pour obtenir, comme traduction française, « ecce bombo ».
Alors j’ai pensé à « bomba » et aux bombes des attentats qui se veulent « politiques ».
Une conclusion : « Ecco un film che non è una bomba cinematografica » (VF « Voilà un film qui n’est pas… » vous n’avez pas besoin de parler italien pour comprendre la suite).