"Edward aux mains d'argent" m'a toujours laissé un souvenir fort. Peut-être est-ce parce qu'il traduit des idées très personnelles. Une telle indépendance au beau milieu des studios hollywoodiens est remarquable.
Conte et cauchemar, poésie et horreur,
(la mort de Jim à la fin est noire)
"Edward" est avant tout une critique de la société. La banlieue hypocrite décrite dans le film, aux habitants cruels et intolérants, caricature l'Amérique. Emissions télé, publicité (le porte-à-porte pour vendre des produits cosmétiques), la société de consommation est malmenée avec brio.
Que dire de la prestation de Johnny Depp ? Ne prononçant presque aucune ligne de texte, il imprime sur la pellicule l'honnêteté à l'état pur. Sa gestuelle expressive, digne de Chaplin, atteint son paroxysme face à l'épreuve du repas.
Oui, le trait de Burton est parfois forcé. Le récit-cadre, ou running gag des voisines dragueuses, par exemple, alourdissent la narration. Mais devant tant de sincérité, tant cinématographique que scénaristique, on ne peut manquer d'être ému.
Le meilleur film de son auteur.