J'avais décidé de me lancer dans la grande dystopie du XXe siècle (avec Le Meilleur des mondes) : 1984. Et cette fois, j'ai adoré.
Pourquoi ? 84 (pour les intimes) est un véritable chaudron rempli d'idées brillantes en ébullition : le novlangue, les télécrans, la Police de la Pensée, etc.
Pas de possibilité de rébellion. La Fraternité, cette organisation de lutte contre la dictature, n'existe pas. Comme le souligne O'Brien (soit dit en passant, un des personnages les plus intéressants du livre), Big Brother lui-même n'est qu'une illusion, une personnification du Parti, qui n'est pas, avec son regard sévère et sa moustache noire, sans rappeler Staline.
Comment ne pas faire le parallèle avec nos caméras de surveillance, nos réseaux sociaux, notre "langue de bois" qui simplifie et réduit le sens des mots ?
Mais le roman n'est pas qu'un roman politique, c'est un roman romanesque. La progression de Winston et Julia, qui de simples fonctionnaires deviennent rebelles, puis,
après un lavage de cerveau, des citoyens-modèles,
est aussi intéressante à suivre qu'à analyser. La plume d'Orwell, sans tomber dans le misérabilisme, nous entraîne dans cette société cauchemardesque où prolétaires et membres du Parti sont unis dans la haine de Goldstein et l'amour de Big Brother.
1984 est sans doute le chef-d'oeuvre du genre.