Dans les bidonvilles du Caire en Égypte, la jeunesse danse au son de l’électro appelé le "Mahragan" (aussi appelé "chaâbi" الشعبي et essentiellement joué lors des mariages). Il s’est démocratisé au point de devenir subversif et contestataire. Ce mélange de musique populaire, beats électro et freestyles est scandé à la manière du rap. Le Mahragan est un espace de liberté pour la jeunesse des quartiers pauvres.
A travers cette musique, la jeunesse brimée par les interdits religieux et les normes sociales (que la société égyptienne lui impose) se libère sous la forme d’un exutoire (en dénonçant dans leurs chansons (entre autres) les injustices sociales, les bavures policières et toutes formes de discriminations). Une forme de révolte contestataire musicale alors même que le « Printemps arabe » n’avait pas fait sa révolution, face au régime autoritaire du Président Hosni Moubarak.
Hind Meddeb connaît bien son sujet et pour cause, elle avait déjà réalisé un reportage de 15min pour Tracks avec "Electro Chaabi : Gros son chez Toutânkhamon". Cette fois-ci, elle a filmé plusieurs jeunes artistes de cette nouvelle mouvance artistico-contestataire tels que Islam Chipsy, DJ Wezza, Oka et Ortega, MC Sadate, DJ Figo ou encore Amr Haha. Electro Chaabi (2013) est un hymne vibrant et rythmé d’une jeunesse trop longtemps refoulée. On y découvre le nouveau son des quartiers populaires, entre mouvance musicale et soulèvement politique.
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