Des pas qui martèlent les différents sols des scènes de crime aux souffles de la circulation et de la vie urbaine, tout résonne dans Elephant. Tout, sauf la violence. Elle n'a pas d'écho ni de conséquence. Elle est un fait, l'aboutissement d'un trajet, un acte froid (mais bien cadré). Elle laisse une seule trace, dont personne ne semble s'inquiéter : un corps. Sans résonance. Il chute et puis on l'observe : il est là, il ne bouge pas, il fait office de constat : oui, il y a eu violence suivie de mort. Et, symptôme de cette violence, un ou plusieurs coups de feu ont précédé l'apparition du corps : on ne laisse pas au hasard le choix de la vie, on s'assure qu'elle est remplacée par une mort sans fioritures.
Elephant est une démonstration de la violence comme fait déterminé, prémédité, inarrêtable et définitif, sans conséquence sur ceux qui la perpétuent. Seulement sur le tué, qui avant elle était vivant. Les tueurs marchent vite, comme on marche pour ne pas rater un métro. C'est tout. Violence Inexorable.