Le piège des films sur les sujets sensibles c'est de tomber dans le misérabilisme. De sortir les violons et mettre de la dramaturgie partout. Ce film réussit en évitant tout ça.
La grosse question du film c'est comment on en est arrivé à cette fusillade ?
On va avoir des portraits de quelques élèves. Dès fois en rejouant la même scène mais d'un autre point de vue (photo dans le couloir jouée 3 fois). On a rarement plus de 2-3 personnes dans le cadre. Pour voir à quel point ils sont seuls malgré le collectif. On y voit des adultes en quête de punition. Des filles qui se font vomir après manger. Une fille qui ne veut pas mettre de short et se fait reprendre par sa prof. Des homosexuels refoulés. On a d'ailleurs une scène où des élèves discutent de "Est ce qu'on peut reconnaitre un gay par son look"?, seule scène où on a l'impression qu'ils sont ensemble et ont un échange apaisé.
Et à la fin on se dit qu'en fait ça aurait pu être n'importe lequel de ses élèves qui aurait pu passer à l'acte, en renvoyant la violence à l'oppresseur. Pendant un long moment et vu sa présence sur l'affiche, j'ai cru que ça serait John (le blond) le tireur, et c'est sûrement fait exprès (au final il évitera des morts en prévenant les gens de la fusillade). Le film annonce les nouveaux personnages par un écran titre avec le prénom du/des personnage(s). Pendant la fusillade on a un personnage (Benny). Il sort de nulle part et marche dans ce lycée enfumée. Puis écran titre de son prénom. Il n'aura aucun dialogue et finira par se faire abattre froidement.
On a aussi ce ciel bleu, qu'on peut interpréter comme "le calme avant la tempête" puisqu'on des bruits d'orage. Et ce ciel revient à la fin comme pour boucler la boucle.
PS : le rapport avec le nazisme à la télé est bien trouvé, comment les opprimés sombrent dans la violence
mais la thèse des jeux vidéo qui rendent violent est un peu stupide et contredit un peu le tout