Elephant fait partie de ces films qui vous intriguent et vous attirent puisque le sujet qu'il traite et les louanges qu'il reçoit sur son esthétisme sont de bonnes tenues.
Mais voilà, Elephant est un film plat, sans vie, sans saveur, un long-métrage en plein arrêt cardiaque où l'on ne retire rien, où l'on ne se souvient de rien. Et pourtant, cette oeuvre est prometteuse ; se voulant être le récit plus ou moins fictif de la tuerie de Colombine, on aurait pu avoir une découverte approfondie et attachante des personnages : victimes ou tueurs. Or, c'est froid, on ne s'attache à rien, ni à personne, pas même aux événements. On est là, en spectateur passif d'une scène qui ne nous touche guère. Nous ne sommes même pas là à plaindre les victimes, ni même à compatir avec les meurtriers. On est là, derrière l'écran et ça suffit semble t-il.
Oui, Elephant dresse une critique des jeux video, de la facilité qu'il y a de se procurer des armes aux Etats-Unis ou bien encore du microcosme que représente la High-School Outre-Atlantique, avec tous les torts des adolescents. Mais on effleure vraiment les sujets, on les pose là parmi les 1h20 de séquence, histoire de dire "qu'on en a parlé" mais c'est tout.
Elephant reste donc un film très décevant qui pouvait être un grand long-métrage. On s'y ennuie, on n'a aucune émotion. Les points qui lui sont attribués demeurent pour l'esthétisme de la réalisation oui, originale, bien pensée, avec des plans de réelles qualités. Mais l'esthétique n'est pas ce pourquoi je vais voir un film. Dommage.