Lorsque l'on nous dit Michel Audiard, Bernard Blier, ou autres de la bande à Gabin et Ventura, c'est souvent une espèce de mythe du Grand Cinéma Français qui nous saute à la mémoire, les derniers noir & blanc ou les premières couleurs des comédies triomphantes de ce temps-là.
Et Michel Audiard, c'est l'homme des bistrots du petit peuple, le ciseleur des dialogues inoubliables...

Mais voilà, il y eut dans les années 70' une période particulièrement étrange, et tout à fait unique – celle des films débilito-délirants.
Vous trouvez là Michel Audiard à la réalisation, Bernard Blier et Annie Girardot qui tourbillonnent de joie, du cocasse de société qui prend les clichés de plein front ; et le tout est regroupé sous des titres interminables et qui annoncent fort bien la teneur, comme ici « Elle cause plus, elle flingue » – dans la digne lignée de « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages », ou encore « Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause ! », bien que le titre soit un peu plus court cette fois-ci.
Bon, soyons tout à fait honnêtes, ce n'est pas vraiment du Grand Cinéma Français... le film s'apparente plus à la virée d'une bande de copains, l'intrigue est absolument rocambolesque, et Jésus en motocyclette dans un ghetto de banlieue apparaît finalement comme l'élément le plus raisonnable dans tout cela.

Du public, il y a ceux qui s'insurgeront contre ce manifeste de stupidité en cascade – et ceux qui, d'autre part, suivront de bout en bout cette avalanche sidérante d'absurdité sur celluloïd ; qui se tairont devant cet incroyable OVNI cinématographique d'époque, qui prend tous les codes et convenances à rebrousse-poil, et nous livre une formidable comédie dont l'intrigue repose sur une machine-à-recycler-les-hommes-en-saintes-reliques – rien que cela !
Oh, et il y a Michel Galabru évêque en robe rouge, qui tente d'échapper aux espions jésuites de son monastère – et cela seul vaut bien le détour, car il a le physique de l'emploi !

Débilité messianique, évangélisme franchouillard et policiers crétins, avec au milieu un canard qui se promène – un coup de tête, une folie d'Audiard.

J'applaudis des trois mains.
Wakapou
8
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le 28 janv. 2011

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Wakapou

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