Le premier long-métrage de Thibault Emin, Else, débute idéalement. Les 20 à 30 premières minutes qui dépeignent la naissance d'un couple en huis clos sont justes et prometteuses. Le spectateur est prêt pour une exploration psychologique intense. Cependant, dès que le concept du body horror la fusion avec l'objet prend le relais, la déception s'installe. Le film devient l'otage de sa propre technique visuelle.
Le travail esthétique sur le décor, la lumière et les mutations des matériaux (pierre, végétal) est indéniable, mais je l'ai trouvé vide de substance. Je trouve que, sachant qu'aujourd'hui la technologie (notamment l'IA) pourrait générer sans effort ce type de spectacle visuel pur, le cinéma humain doit proposer quelque chose de plus percutant. Je regrette que le film ait privilégié la technique à l'enjeu dramatique.
L'intrigue manque cruellement de tension réelle et d'un objectif psychologique fort. L'unique enjeu, lié au regret du protagoniste concernant sa mère, est trop léger pour soutenir le poids du récit. Contrairement à des huis clos intenses comme Bug, où la folie et la paranoïa créent une tension humaine palpable, Else reste prisonnier de son concept.
Le film est l'archétype d'un certain cinéma qui s'autocongratule sur son originalité formelle. Je trouve qu'il échoue à provoquer une émotion profonde, laissant le spectateur en quête de sens avec le sentiment d'avoir perdu son temps après un début pourtant prometteur .