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le 10 sept. 2022
SuivreEmbarrasse-moi, vampire
Avant toute chose, précisons que je ne partage pas le délire du culte mi-second degré mi-sérieux autour de Nicolas Cage qu'entretiennent beaucoup de gens. Je l'ai souvent trouvé mauvais comme un...
Nicolas Cage a sa réputation d’acteur aussi pro qu’intense, jouant souvent avec ses tripes. En 1988, un an après le farfelu Arizona Junior des frères Coen (et bien avant d’incarner le Dracula parodique de Renfield), le délirant Embrasse-moi vampire (Vampire's kiss) de Robert Bierman le prouvait déjà. Au plus haut de ses démonstrations excessives, Cage y incarnait Peter Loew, un responsable d’édition new yorkais, collectionnant les conquêtes sans lendemain et incapable de s’engager sentimentalement. Alors qu’il couche un soir avec une inconnue, celle-ci le mord avant de disparaître au petit matin. Dès lors, Peter va se persuader qu’il se transforme lentement en vampire. Cherchant du secours auprès de sa psy, faisant de sa jeune secrétaire son souffre-douleur, il va voir son état mental se dégrader au rythme des apparitions soudaines de la vampire qu’il semble être le seul à voir.
Le sujet d’Embrasse-moi vampire prête bien sûr à sourire, même si le film n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler une franche comédie. Tout le métrage tient sur l’interprétation de Cage qui campe un personnage s’enfonçant dans la psychose délirante. Car même si le réalisateur entretient un temps le doute quant à la nature fantastique de l’intrigue, en nous montrant par exemple Cage parler à la vampire alors qu’il est filmé seul ou en la faisant apparaitre soudainement dans le bureau, il se résoud in fine à révéler qu’il s’agit plutôt de folie furieuse. Son parti-pris final est de faire de Peter un personnage réellement psychotique, objectisant tellement le sexe opposé qu’il en devient incapable de nouer une véritable relation. S’ensuit son effondrement mental. Il s’agit ici de tirer le portrait (littéralement : voir cette grimace de Cage, le sourire figé, les yeux exorbités) d’un narcissique qui, trouvant enfin la femme qui le domine (la vamp incarnée par Jennifer Beals), passe ensuite ses nerfs sur sa jeune secrétaire (Maria Conchita Alonso, très loin de ses rôles dans Running Man et Predator 2). Ce qui entrainera les événements débouchant sur la conclusion, pathétique.
À la fois drôle dans ses excès grotesques et pesante dans son atmosphère urbaine, Embrasse-moi vampire est une tragicomédie singulière dont le propos fonctionne toujours à notre époque, à l’aune des nombreux abus et propos sexistes dénoncés ça et là. C’est aussi un parfait exemple du talent de son interprète principal, alors pas encore tout à fait star, mais qui trouvait là assurément un de ses rôles les plus fous.
Créée
le 28 avr. 2025
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