Ce film coquin, plus qu'érotique ou porno est sorti de nulle part en 1974 mais est devenu immédiatement un phénomène culturel et de société ainsi qu'un énorme succès en salle. Au départ, il s'agit d'une adaptation littéraire d'un roman érotique de 1959, et donc avant la libération sexuelle des années 60 qui dépeint l'ouverture à une sexualité débridée d'une jeune femme mariée dans Bangkok. Avec le recul l'aspect pornographique de l'époque a disparu, c'est de nos jours considéré comme très très soft mais l'aura sulfureux de ce film est resté dans les mémoires de tout un chacun, aucune pénétration ou gros-plan sur les organes sexuels dans l'imagerie c'est finalement assez sage. Par contre le déroulement de cette histoire est plutôt osé, on peut même dire qu'à l'heure actuelle aucun long-métrage "Grand Public" n'oserait aller aussi loin ! Des gamines mineures qui se masturbent ou danses nues, un viol hypothétique qui ne choque pas la victime, du voyeurisme et un final bien salace sur le fond c'est quasi porno. Concernant la mise en scène tout n'est que poses lascives, vêtements entreouverts sans focus, décorum et lumières très "revue pour homme" de ce temps-là. Finalement l'importance dans l'Histoire du cinéma d'Emmanuelle tient plus par ce qui tourne autour que par les qualités intrinsèques de l'oeuvre.