En cavale
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En cavale

Film DTV (direct-to-video) de Peter Billingsley (2016)

Un père bandit et sa fille rebelle

Quand on aime posséder ses films en format physique et qu’on est un peu raide niveau pognon, on farfouille du côté du Bon Coin et de Vinted. Mais on est aussi à l’affût des arrivages des discounteurs tel que Noz et de leurs fameux blu-ray à 0.99€, 1.99€ ou 2.99€. Lorsque c’est des titres connus, c’est simple de choisir. Mais lorsqu’on est sur des films bien plus confidentiels ou qui n’ont simplement pas marché, c’est au petit bonheur la chance. Parfois on a des bonnes voire très bonnes surprises, surtout pour le prix que ça nous a coûté. Et parfois, on va dire que ça vaut ce que ça a coûté. C’est le cas de encavale, dont je vous ai parlé récemment, ou de En Cavale (2016) de Peter Billingsley, réalisateur peu prolifique (3 films en 20 ans), à ne pas confondre avec le En Cavale de Anne Fletcher sorti un an auparavant, pas plus réussi. En Cavale est un thriller qui avait du potentiel, mais qui s’enlise dans à peu près tout ce qu’il est possible de s’enliser.


Adapté du roman graphique du même nom d’A. J. Lieberman, la production de En Cavale a été compliquée dès le départ lorsque Universal décide d’annuler le film en octobre 2013 un mois seulement après avoir casté l’actrice principale. Mais WWE Studios intervient avec Palm Media Capital pour cofinancer et coproduire le film et le tournage commence dès 2014 avec à sa tête Peter Billingsley, plus connu comme acteur, qui va signer ici sa deuxième réalisation. Sur le papier, ça donnait plutôt envie avec un joli casting de seconds couteaux tel que Vince Vaungh (Serial Noceurs, La Rupture) dans un rôle un peu plus sérieux que depuis pas mal d’années, mais aussi Bill Paxton (Aliens, Apollo 13), Jonathan Banks (Piège à Grande Vitesse, la série Breaking Bad), Jordi Mollà (Bad Boys 2, Riddick) ou encore Jon Favreau (Chef, Very Bad Things). L’idée de départ est elle aussi intéressante, avec ce braqueur repenti, qui tente de survivre assez longtemps pour que son assurance vie qu’il vient de prendre puisse bénéficier à sa fille avec un compte à rebours de 3 semaines. Cela aurait pu créer une vraie tension dramatique mais il n’en sera rien à cause d’une exécution qui a aucun moment ne décolle de quelle manière que ce soit. On va retrouver ici tous les clichés du polar classique avec des policiers corrompus menés par un flic très méchants et sans pitié, un cartel sanguinaire pour qu’à un moment donné, il y ait trois forces en présence, le père absent qui va se retrouver obligé de s’occuper de sa fille et de la protéger, tout en essayant de renouer des liens, les habituels rebondissements qu’on a déjà vu 50 fois, … Le scénario ne fait à aucun moment preuve d’une quelconque originalité, comme s’il fallait suivre un cahier des charges bien établi pour que tous les spectateurs soient en terrain connu, quitte à une jamais les emballer du début à la fin. Certes, avec ce genre de petite série B, on ne s’attend pas à quelque chose de révolutionnaire en termes de scénario et d’originalité, mais avec En Cavale, on n’a même pas droit à l’efficacité qui permet de compenser justement ce manque d’originalité.


En plus d’être prévisible du début à la fin, En Cavale manque de profondeur avec des personnages auxquels on a du mal à s’attacher. Vince Vaungh incarne son personnage sans aucune intensité et est on ne peut plus monotone lorsqu’il récite ses lignes de dialogue, empêchant toute intensité dramatique. Hailee Steinfield, qui incarne sa fille, remonte un peu le niveau mais elle est plombée par un personnage qui n’a aucune profondeur. La faute peut-être à un scénario qui traite la relation avec son père de manière superficielle et sans réelle émotion. Quant aux seconds rôles, ils sont sous exploités et n’ont au final que peu de consistance alors que des acteurs comme Bill Paxton ou Jonathan Banks auraient pu amener un peu plus d’intérêt si on n’avait pas l’impression qu’ils faisaient juste partie du décor. En Cavale n’est pas aidé par la mise en scène certes fonctionnelle de Peter Billingsley mais sans aucune saveur ou style particulier. Tout est ici très classique, le réalisateur ne cherche jamais à créer une atmosphère particulière et son film ressemble au final plus à un téléfilm de dimanche soir sur une chaine du câble qu’à un réel thriller de cinéma. Tout ça manque clairement d’identité, en plus d’avoir un rythme qui peine à maintenir l’attention et des scènes d’action manquant cruellement de punch. Alors c’est certain que nous ne sommes pas ici dans un film d’action bas du front et on comprend bien que Peter Billingsley essaie de mixer drame familial et polar, mais le mélange ne prend pas vraiment car on a l’impression que En Cavale ne sait jamais s’il doit être l’un ou l’autre. Il en résulte un film plat, sans émotion, qu’on regarde sans entrain et même avec un peu d’ennui malgré sa courte durée.


En Cavale aurait pu être une petite série B sympathique, mais en plus de s’enliser dans les clichés, il peine à maintenir l’attention du spectateur en ayant le cul entre deux chaises et en n’arrivant pas à insuffler une quelconque énergie du début à la fin.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-en-cavale-de-peter-billingsley-2016/

cherycok
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le 10 mars 2026

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