Les films et courts métrages traitant de l'homosexualité se heurteront toujours à un mur infranchissable : celui des clichés. A partir de quel point un personnage devient cliché, quand cet argument est-il recevable, et le film est-il bon ou mauvais avec des protagonistes facilement classables ? En fin de compte, c'est ce qui divisera toujours le public, et en conséquence, c'est la spontanéité des réactions et des sentiments de ces clichés qui rendra justice ou non au projet. Partant sur l'angle réaliste d'une colonie de vacance pour adolescents, le film décide de la jouer rigoureusement sérieux et à jouer sur la spontanéité de chacun. Les personnages sont donc minimalistes, et leur rôle est parfaitement structuré. L'objet des désirs, le pote relou qui a besoin d'attirer l'attention en mode pas fin, le jeune homo révélé et contraint d'assumer un caractère qu'il n'a pas voulu exposer... Sans oublier les filles qui parlent beaucoup (formant en quelque sorte le public). Les clichés sont là, évidents, et spontanés. Les émotions sont sincères (la gêne d'être révélé, les remarques humoristiques blessantes, le regard de l'autre (tant désiré)...), l'histoire vivante, et la leçon de morale moins lourde que prévue (un dialogue entre moniteur et ado, ça semblera lourd pour certains, c'est ici fonctionnel et vite envoyé). Il y a des défauts cependant (le plan hideux de notre homo sur ciel étoilée, le retournement de situation finale un peu trop surréaliste (due à l'envie de laisser passer un peu d'optimisme)), mais la spontanéité des jeunes acteurs et la limpidité de ce très court métrage (8 minutes pour cerner l'essentiel) en font le meilleur de la sélection "5 films contre l'homophobie".