En fanfare est un film magnifiquement écrit, subtilement joué, qui, pour une fois ne tombe pas dans les clichés musicaux. La grande justesse des dialogues qui ne font jamais dans le pathos et l'aller-retour entre la musique " savante" et la musique "populaire" jamais caricatural m'a profondément touchée. Les thèmes traités sont simples : le milieu dans lequel on évolue conditionne-t-il notre vie ? Quelle marge de liberté a-t-on vraiment pour faire émerger le meilleur de soi-même ? Sur cette thématique déjà mille fois traitée, l'histoire originale de ces deux frères est l'occasion de parler de musique et d'offrir une galerie de personnages aussi vivants qu'attachants. Certains ici ont comparé avec le film les virtuoses, parlant de plagiat, mais les Virtuoses n'opposent pas deux mondes musicaux, et il n'y a pas cette intrusion dans le monde de la musique savante, qui semble au début dresser un mur entre les deux frères qui se découvrent une passion commune : le jazz.
Lorsqu'à la fin du film retentit le célébrissime thème rythmique du boléro, l'émotion, pour moi, a été à son comble. Oui, Ravel aurait été content.