Concomitamment à "Hélène et les garçons", sitcom pour adolescents pas difficiles, voici "Abel et ses nymphettes (minces et plates", sitcom cérébral à l'usage de l'amateur de marivaudages teintés de philosophie..
C'est la pauvreté de la mise en en scène et du scénario qui m'inspire ce sentiment hostile autant que le ton monocorde qui caractérise les tergiversations existentielles d'Abel Vichac. Ce prof de philo brillant et séducteur (Jackie Berroyer, pourquoi pas), ironique est parfois cynique, se trouve tout désemparé devant les difficultés de son existence. Peu lucide, peu responsable, son érudition philosophique ne lui est d'aucune utilité pour gérer son couple en particulier et plus généralement ses relations avec les jeunes filles qu'il séduit, des étudiantes qu'il est incapable d'aimer pour cause d'égoisme et de versatilité.
En réalité, on renonce vite à analyser ce personnage plus théorique que vivant. Bonitzer bavarde et phrase, toujours en quête de sens (en bon ex-journaliste des Cahiers du cinéma), mais il est des fois où aux comédies pleines de sens on préfère les bons vieux vaudevilles. Ce film statique aura au moins l'utilité d'alimenter la conversation aux Cahiers!