« Enigma » part avec de bonnes idées. On y retrouve une ambiance d’espionnage de guerre froide à l’ancienne. Avec un exilé qui revient en Allemagne de l’Est pour tenter de voler un appareil de cryptage soviétique. Puis sur place, l’opposition entre la Stasi expéditive et le KGB plus sournois. Ainsi que quelques piques amusantes, telle cette manie qu’on les personnages d’allumer un aspirateur pour pouvoir discuter sans être écoutés !
Mais l’exécution laisse fortement à désirer. Jeannot Szwarc n’est pas un grand réalisateur, et il le prouve ici allègrement. L’ensemble est mou, sans relief. Par exemple, il ne semble pas savoir quoi faire des quelques rebondissements (bien pensés par ailleurs). Tandis que la fin est pour le moins abrupte, expédiant la résolution en quelques lignes de textes !
Le montage particulièrement confus n’aide pas. Les scènes sautent parfois du coq à l’âne, ou d’un lieu à l’autre avec les mêmes personnages (!), brouillant une trame narrative pourtant simple. Les acteurs ont d’ailleurs l’air un peu perdus ou ennuyés, avec des expressions par toujours cohérentes.
Et pourtant il y a du beau monde. Sam Neill, Derek Jacobi, Martin Sheen… Ne comptez pas sur Michael Lonsdale, il n’a que quelques scènes, et il est doublé dans la VO par un acteur américain ! Je souligne au passage que les acteurs jouent dans leur accent natif. Ca nous évite des imitations grotesque d’accent russe ou allemand… mais je soupçonne de la flémingite aigüe pour éviter de gérer les langues étrangères. Tout le monde se parle anglais et personne ne sourcille.
Sur Martin Sheen, si l’acteur donne le change, son personnage est assez étrange. Censé être un modeste dissident, il se révèle avoir des capacités de caméléon hors normes. Et il passe continuellement d’un déguisement à l’autre, à un point qui en devient risible.
Très dispensable.