Comme toujours chez Marquez, les hommes sont des chiens. Les femmes sont des sorcières, on meurt d'amour mais pas du choléra et le vent du désert n'en finit jamais de souffler.
Il y a, dans Erendira, la même violence du texte, la même violence des images - le viol, la prostitution et la figure du démon, du mal, la misère qui pousse l'humain dans ses retranchements.
On pourrait s'attendre à ce que l'adaptation filmique soit très loin du texte original, peut être parce qu'il est difficile de s'adapter à l'univers sombre et baroque de Marquez, mais il n'en n'est rien. Les décors ressemblent à s'y méprendre au Satyricon de Fellini, on retrouve l'absurde et le grotesque chers à l'auteur, la figure de la Belle de jour sans destin, le presque Bjorn Andrésen qui finalement n'est pas là pour grand chose, qui pourfend le mal mais pas la malédiction, bref, tout ce qui fait qu'on aime Garcia Marquez, et qu'on en redemande comme une histoire de princesses et de chevaliers un peu barrés.