Eros + Massacre par Maqroll
Un film culte du cinéma japonais et du cinéma tout court, une œuvre monumentale sur la Révolution et la sexualité, comme son nom l’indique, à travers la vie et les amours d’un révolutionnaire japonais, Sakae Ôsugi, poignardé par une militante des droits des femmes et finalement assassiné quelques années plus tard en compagnie de sa dernière épouse. Des dialogues choc en forme de sentences inexorables sur le monde, des images fortes qui traduisent le chaos de l’humanité en désarroi, au bord du gouffre permanent de son essence et de son devenir. Un film inspiré de toute évidence par la Nouvelle vague française, moitié Godard moitié Resnais, un film lent, comme une procession de souvenirs, où le présent vient à la rencontre du passé dans une collision dramatique aboutissant au suicide de l’auteur (enfin, de son représentant) dans une symbolique cinématographique qui vient démontrer par l’absurde que la pellicule, support de l’image, est plus opérante que le couteau. Des vies se croisent, des vies de femmes et d’hommes qui errent à la recherche d’un temps perdu qui ne sera jamais retrouvé et dont l’unique objectif, la plus grande jouissance, sera finalement et bien évidemment la mort. Une œuvre à voir pour son poids historique et sa puissance de réflexion, à contempler comme un tableau vivant où les générations se reflètent comme dans un miroir boueux…