Sean,combattant de l'IRA emprisonné,parvient à s'évader et part se planquer à New York,où il s'acoquine avec une bande d'opposants guatémaltèques en exil qui projettent d'assassiner le tyran qui martyrise leur pays et qui,y sont t'y pas malins ces scénaristes,vient précisément séjourner à Big Apple.Sean,effrayé par l'amateurisme de ses potes,décide de leur apporter son aide et son expertise ès attentats.Révolutionnaires de tous les pays,unissez-vous!Réalisée par le téléaste Robert Dornhelm,cette petite production britannique,en partie financée par la chaîne anglaise Channel Four,souffre de multiples défauts.Le rythme est trop lent,le scénario est naïf et plein de grosses ficelles,les personnages et les situations sont caricaturaux.Le film contient cependant des éléments intéressants.Ainsi le début,du moins jusqu'à ce que Sean soit poignardé,est plutôt réussi.L'évasion notamment est traitée de manière très réaliste.On n'est pas dans une de ces histoires où des détenus super malins concoctent des plans imparables qui se déroulent sans anicroche.S'échapper de prison,ça n'a rien de facile,il y a des accrocs et des imprévus,et les gardiens ne font pas de la figuration.Nous assistons donc à des scènes confuses et violentes à l'issue desquelles peu de prisonniers atteindront leur but.Le manque de moyens permet également,loin de la belle image habituelle,de montrer un New York plus convaincant via une photo crade et des décors dégueus,un peu à la manière des polars des années 70.Et puis l'interprétation est d'une qualité surprenante dans un tel contexte.Sean,c'est Stephen Rea,qui incarne ici un personnage assez proche de celui qu'il jouait quatre ans plus tôt dans "The crying game".L'acteur a d'ailleurs eu l'idée du scénario et fantasme clairement sur les terroristes taciturnes et désabusés.Il est vrai qu'il est irlandais et qu'il est plus facile d'interpréter ces personnages que d'en être un réellement.Beau casting autour de lui avec Alfred Molina,qui pour une fois ne joue pas un méchant,la belle Rosana Pastor,révélée l'année précédente dans le "Land and freedom" de Ken Loach,l'immense Brendan Gleeson et, dans un petit rôle,Paul Giamatti,inconnu à l'époque mais qui en quelques secondes à l'écran impose déjà une formidable présence.