La première grosse moitié du film est un témoignage intéressant des vicissitudes d'une époque : on y voit Cabbar, conducteur de calèche dans un Adana (ville avec une forte communauté kurde pauvre) où les voitures commencent à régner. Sa vie est minutieusement détaillée, la sienne et celle de ses proches : sa fille tentant de rentrer à l'école, sa femme qui tente de gérer une famille trop nombreuse, ses enfants qui se battent avec les autres enfants pour un tour de bicyclette, une mère qui disparaîtra bientôt...
Cabbar se bat contre ses créditeurs qui prennent surtout une forme de marchands : marchand de cheval, maréchal-ferrand, marchand d'avoine...
Ce héros devra s'incliner contre toutes ces représentations de l'adversité, marchande, mais aussi policière et même gouvernementale (l'interdiction des calèches en ville).
Sans réelle surprise, on voit Cabbar également tomber dans la violence, mais ce n'est pas cette dernière qui va ravager son âme.
C'est bien l'espoir qui va l'entraîner dans se perte :
Son attachement puéril tout au long du film à la loterie, puis cette course avec son ami pour aller cherche ce trésor chimérique apparemment enterré au bord d'une rivière révèle la fin d'une raison chez un misérable broyé par le système...