Etat de siège raconte l'enlèvement de Philippe Michael Santore fonctionnaire d'une agence américaine (AID) au service du gouvernement Uruguayen, par le mouvement révolutionnaire d'extrême gauche, Tuparamos.
Les Tuparamos enlève Santore et plusieurs autres figures politiques et économiques, afin de mettre pression sur le gouvernement et le président qu'ils jugent fasciste et au service des riches.
En réalité on se rendra vite compte qu'au delà de la pression politique exercer sur le gouvernement, les révolutionnaires veulent également effectuer le jugement de Santore. Ils le questionnent (tout en permettant le débat), sur ses activités sur le territoire Uruguayen, celui-ci prétend être un conseiller technique, expert en communication et gestion de la circulation, mais se révèle au final être le "mentor" de la police, en matière de torture et de répression. Les Tuparamos lui reproche d'être le chef d'une police violente, prête à tuer ceux qui n'accepte pas le régime en place, orchestrer depuis les Etats-Unis et dans l'intérêt des Etats Unis pour garder une emprise sur l'Amérique du Sud.
Même si le film peut paraitre ennuyeux au premier abord, il est fort de sens, et c'est ce qui y est dit sur ce pan de l'histoire Uruguayenne qui est intéressant. Ici pas de retournement de situation rocambolesque, ou de suspens interminable, Costa Gavras choisit de nous donner une mise en scène très simple, au service de l'histoire. Le réalisateur nous place sur un point de vue neutre, pas d'attache vis à vis d'un personnage plutôt qu'un autre (d'ailleurs les Tuparamos ont quasiment tous le même temps d'image), seul le gouvernement et sa police qui agit dans son propre intérêt et de manière violente est critiqué ainsi. Costa-Gavras nous met les cartes en main et nous laisse seul juge de cet évènement historique de 1970, nous montrant d'un côté un mouvement révolutionnaire qui kidnappe pour se faire entendre, de l'autre un gouvernement refusant de plier et finissant par user des même méthode en faisant arrêté plusieurs activistes des Tuparamos, afin d'équilibrer la balance pour se maintenir au pouvoir, et, entre les deux un fonctionnaire américain, qui se prête au débat avec les Tuparamos, compréhensif de leurs rébellion, bien qu'il essaye de mentir pour sa survie.
Costa Gavras nous signe ici un film profondément politique qui ne manquera pas d'éveiller les conscience de ceux qui n'aurait pas connu ce passage de l'histoire Uruguayenne et Américaine.