J’ai eu la chance de voir ce film à sa sortie en 91, au cinéma donc. Dés la fin du prologue, j’ai pensé, voilà ce que j’attends du cinéma et rien d’autre. Un long travelling au-dessus d’une voie ferrée. Les traverses de bois défilent doucement en noir et blanc. Saccades de violon sur ballaste accompagnent le décompte d’un hypnotiseur qui vous promet un voyage “in Europa”. À dix, vous voilà projeté dans l’Allemagne année zéro au basque de Leopold Kessler, incarné par Jean-Marc Barr.
Ce fantastique et premier voyage dans l’univers de Lars Von Trier ne fut pas le dernier et malgré quelques déceptions du côté de Dogville et Manderlay - je ne suis pas fan du théâtre filmé – je serai tenté de dire qu’il est l’un des grands réalisateurs de ces vingt dernières années.