Résumé : Alistair, étudiant modèle, emménage avec trois fumeurs paresseux obsédés par les filles. Grâce à son loyer, Larnell s’offre un bong hanté aux effets hallucinants, qui aspire les âmes dans un monde peuplé de danseuses démoniaques et sanguinaires.
Histoire : Evil Bong, série Z produite par Full Moon, est une création de Charles Band, vétéran du cinéma indépendant avec plus de 200 films à son actif. Récemment redevenu prolifique, Band puise dans l’esprit originel de Full Moon, hérité des grands classiques du genre comme Halloween de Carpenter ou Re-Animator et From Beyond de Stuart Gordon, auxquels il avait participé en coulisses. Tourné en une semaine, le film naît d’une discussion entre Charles et ses fils sur le concept d’un bong maléfique, plus on fume, plus sa puissance grandit. Ce délire psychédélique, inspiré de La petite boutique des horreurs, revisite l’univers de la culture cannabique en mode comédie fantastique, posant un regard décalé sur les paradis artificiels et engendrant pas moins de sept suites toutes aussi déjantées.
Équipe : Parmi les guests, on retrouve Bill Moseley (Massacre à la tronçonneuse 2, Evil Dead 3, La Maison des 1000 morts), Phil Fondacaro (Star Wars VI, Willow) et Tommy Chong, icône de la culture du chanvre. Effets spéciaux de Patrick Murphy (Spider-Man, Le Dernier Samouraï) et musique de Direct78. Le tout écrit, réalisé et produit par Charles Band.
Avis : Evil Bong n’a rien d’un film d’épouvante traditionnel, c’est une comédie fantastique au concept déjanté, pensée pour un public averti, loin de la violence habituelle du genre. Malgré ses défauts et des critiques peu flatteuses, il reste un divertissement sympathique. Quelques accroches promo comme « une bouffée d’horreur à faire planer un mort » ou « partez dans un trip démoniaque » traduisent bien son audace, à la hauteur du délire proposé.
Critique : Dès les premières secondes, Evil Bong plonge le spectateur dans une ambiance psychédélique grâce à un générique végétal au thème envoûtant. La mise en scène introduit une bande de jeunes, campés avec humour et second degré, dans un décor délirant aux airs de théâtre. L’arrivée du nouveau colocataire, plus cérébral, crée une dynamique amusante, où chaque personnage, le fêtard, le calme, le sportif et le savant, joue son rôle dans ce microcosme décalé. La narration adopte une structure segmentée, ponctuée d’intermèdes déroutants, qui accentuent le ton étrange du récit et préparent le terrain à l’apparition du bong maléfique.
L’arrivée de ce bong mystérieux marque un tournant plus grave, alors que l’objet devient le centre névralgique du film. L’humour persiste, mais les enjeux s’intensifient, le bong gagne en vitalité, les victimes s’enchaînent et les effets spéciaux, bien que modestes, parviennent à renforcer l’étrangeté de cette autre dimension peuplée de beautés déchaînées et d’ambiances sonores planantes. Le rythme reste irrégulier, étiré par moments, malgré l’ajout de nouveaux personnages féminins et d’un grand-père fantasque qui offre quelques bonnes surprises. Tout se joue dans une même pièce, comme un huis clos halluciné qui mise davantage sur ses personnalités que sur l’action pure.
Le récit conserve sa folie jusqu’au bout, enchaînant les séquences délirantes et les dialogues savoureux, absurdes et jubilatoires. L’arrivée du propriétaire du bong, figure prophétique inattendue, déclenche un final qui oppose la rationalité dopée à l’univers des paradis artificiels. Même sans scènes d’horreur franches, Evil Bong tient son pari, offrir un trip ludique et décalé, au concept original mais peu exploité. Un film qui amuse sans effrayer, joue avec ses codes sans chercher à les subvertir, et laisse derrière lui une expérience étrange, planante, juste assez barrée pour qu’on s’en souvienne.
> https://youtu.be/ewuPKesz8MU