Evil Dead II (1987) est le film que j’ai le plus vu, au cinéma, à la télé, en VHS, DVD, Blu-ray.


Sam Raimi signe avec ce film un quasi-remake du premier long métrage. Il reprend la trame, mais dynamite l’ensemble ; le sang est cette fois-ci assaisonné d’humour. Et j’en viens déjà à la principale raison pour laquelle ce film m’a trépané : je découvre l’humour burlesque grâce au jeu de l’acteur Bruce Campbell.


Je vais partager une anecdote qui va semer le doute sur la présence de neurones dans mon cerveau. La première fois que j’ai vu Evil Dead II, c’était… en crypté sur Canal+. Oui, quand d’autres regardaient de cette manière des films pour adultes d’un tout autre genre, moi, j’ai pris le film en cours en zappant et je n’ai pas décroché.


J’avais 13 ans, je ne m’en suis toujours pas remis.


Je me suis vite débrouillé pour le voir plus « proprement », et la gifle a été multipliée par cinq. Bruce Campbell livre une performance de cinéma muet sous amphétamines. Un corps élastique, héroïque et pitoyable à la fois. Le rythme est insensé. Ce pauvre Ash est au supplice mais plein de ressources ; ce comédien devient mon héros.


Raimi, de son côté, impose une grammaire à sa mise en scène. La caméra ne se contente plus de filmer l’action : elle est l’action. Certains angles sont impossibles, les zooms se crashent, les travellings sont oppressants. L’inventivité et la débrouillardise de l’équipe sont démentes.


Les différents effets (maquillage, stop-motion, trucages optiques) confèrent beaucoup d’authenticité et de charme à l’ensemble. L’ingéniosité artisanale du film épate.


Quelques scènes sont terrifiantes, d’autres vous font éclater de rire, certaines sont tragiques. Le réalisateur impose une vision d’auteur et garde le spectateur en main tout du long des 84 minutes du film, posant les fondements de la comédie horrifique moderne.


Evil Dead II m’a surpris, bousculé, impressionné. Il m’a appris un autre langage, un humour différent de ce que je connaissais jusqu’alors. Ce film déclenche chez moi des émotions variées et intenses. Ça coche beaucoup de cases de ce que j’attends du cinéma.

Gil-les
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le 17 juin 2021

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Gilles Rammant

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