Exodus
6.7
Exodus

Film de Otto Preminger (1960)

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Le film raconte les événements qui ont précédé la fondation de l'Etat d'Israël en 1948, depuis l'odyssée du cargo Exodus jusqu'au vote de partage de la Palestine par l'ONU. Adapté du roman de Léon Uris par Dalton Trumbo, c'est une version romancée de faits historiques contemporains, Preminger voulant faire une grande fresque consacrée à la naissance d'Israël. Tout a d'ailleurs été mis en oeuvre pour assurer la réussite du film : une durée de plus de 3h, un gros budget, un prestigieux casting, et on peut dire que ce pari est en grande partie gagné.
Preminger oppose avec intelligence les scènes politiques ou historiques, les scènes d'action violentes et les scènes romanesques (la liaison entre Paul Nemwan et Eva-Marie Saint), il y a de l'émotion, une certaine intensité, un ton humaniste, et pour un néophyte, ça permet de comprendre et de mieux apprécier pas mal de choses. Mais parfois, Preminger s'est égaré dans de grands sujets dont il ne parvenait pas toujours à contrôler toutes les facettes ; s'il parvient à bien décrire les actes violents qui ensuite diviseront les juifs (opposition des 2 factions, l'une pacifiste, la Hagana, l'autre terroriste, l'Irgoun), la lutte contre les Britanniques (où leur embarras est perceptible) et le début du conflit avec les Arabes, il n'évite pas les erreurs : le point de vue arabe est complètement laissé de côté. L'ensemble est un peu trop lisse et trop didactique, sans compter lourdeurs, clichés et longueurs, sur un film fleuve de ce type, c'est souvent inévitable. Tout ces aspects ont fini par me lasser un peu, malgré une très belle distribution dominée par Paul Newman ; mention spéciale à Sal Mineo, Lee J. Cobb, Hugh Griffith et Peter Lawford (dans un rôle ingrat d'officier anglais idiot).
C'est probablement le seul film vraiment "engagé" de Preminger qui a su combiner la superproduction commerciale, le film d'action qui pose l'un des problèmes principaux du 20ème siècle, et l'oeuvre intimiste où les destins des nombreux protagonistes sont étroitement liés. Sur le plan cinématographique, le film est une fresque bien maîtrisée par le réalisateur qui exprime clairement son attachement profond à la cause israélienne sans renier son objectivité, et l'impact du film fut important, malgré certaines schématisations.

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le 10 août 2018

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Ugly

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