L'histoire du saumon farci aux andouillettes qui désamorçait les bombes en cassant des bras

Tout ce qui va suivre n’engage que moi bien évidemment, car, comment aborder une telle oeuvre ? Et oui car Explosion imminente, c’est pas rien dans ma vie de cinéphile car du haut de mes 16 ans lors de sa sortie je voulais vraiment le voir, étant fan du saumon agile casseur de bras grâce à Justice sauvage ou encore Piège en haute mer. Alors remettons un peu de contexte.


Réalisé par Albert Pyun, réalisateur bien connu des amateurs de vidéoclubs pour des titres poétiques tels que Némésis, Kickboxer 2 ou encore son chef d’oeuvre Cyborg, Explosion imminente ou Ticker en version originale est une oeuvre typique de Pyun. Habitué des tournages rapides voir express, il n’a pas fait exception ici en tournant ce film en 12 jours… Après tout, pourquoi passer y plus de temps ?


Bon c’est bien beau tout ça mais ça parle de quoi ?? Alors c’est une excellente question. Pour bien vous préparer à ce qui va suivre le scénario est signé Paul B. Margolis qui a oeuvré sur des séries tels que McGyver, The Sentinel ou encore Pacific Blue, séries toutes réputées pour leurs intrigues tortueuses et alambiquées. Donc dans une intro improvisée à partir de morceaux « gentiment offerts par le producteur » d’un autre film, on voit des vilains terroristes (non non ce n’est pas un pléonasme, eux ils sont encore plus vilains que les autres vilains parce que c’est comme ça et puis c’est tout) qui en plus d’avoir des bombes ont aussi des otages dont un ministre. Rien ne se passe comme prévu et Steven Seagal il est pas content… Un an plus tard, un flic en plein trauma et devant gérer ses démons, comme lui suggère subtilement son collègue, va avoir à affaire à ce qui semble être les mêmes vilains méchants pas cool… Vous trouvez que c’est du vu et rererererevu ??? Pas du tout, car grâce au challenge 12 jours + Steven on obtient quelque chose de quasi unique.


Oui le challenge 12 jours amène quelque chose de particulier, car qui dit 12 jours dit que les acteurs ne sont pas forcément disponibles en même temps, donc en plus d’un côté extrêmement décousu, on obtient qui des acteurs qui se donne la réplique mais sans être dans la même pièce (contrairement à ce que dit Albert Pyun dans le commentaire audio ça se voit comme le nez au milieu de la figure). Rajoutez à ça des envies d’improvisations. Oui les envies d’improvisations sont un point à part entière et nous amène à l’interprétation du film.


Quand on a Dennis Hopper, présent une seule journée sur le tournage (probablement des impôts à payer ou des factures imprévues) on obtient une improvisation correcte, peut être pas habitée mais correcte. Par contre essayez d’imaginer une seconde une scène improvisée par Monseigneur Seagal et Tom Sizemore. Pour vous aidez, visualisez les réciter une liste de courses avec la même conviction qu’une poule devant un couteau et rajoutez à ça Tom Sizemore qui a l’air de vouloir se rouler au sol pour rentrer à la maison tellement il est heureux…. Je sais, ça fait envie. Et pour revenir à Seagal, notre gros combattant venait à l’époque d’entamer son très prisé régime à base d’andouillettes cuites dans des marmites de saindoux. Toujours filmé dans dos et dans l’ombre pour les scènes de combats (au détriment d’une quelconque cohérence niveau éclairage), il nous offre un jeu entre le tronc d’arbre et la voix du répondeur France travail. Le reste du casting, entre seconds couteux du cinéma (Tom Sizemore donc mais aussi Kevin Gage ou encore Peter Greene), habitués de Pyun (Michael Halsey et Ice T dans un caméo à la durée proportionnelle à son talent) et acteurs de séries TV (Joe Spano, Jaime Pressly, Romano Malco) tout le monde a l’air conscient du résultat en devenir.


Si on rajoute à l’équation une musique évoquant tour à tour la musique d’ascenseur puis la version Wish d’Enya, des décors et autres incrustations ayant beaucoup de mal à faire illusion sur le budget, on obtient un navet bien morne et dépourvu de toute folie ou énergie. Maintenant ça n’engage que moi, je suis peut être passé à côté d’une oeuvre totalement révolutionnaire et beaucoup trop philosophique pour mon misérable esprit étriqué (Dieu Steven a de magnifiques envolées pleine de poésie et de sagesse).


Jerome_Roulon
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le 15 mars 2026

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Jérôme Roulon

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