Hier soir, nous venions de terminer Utopia, et j'y reviendrais peut-être, et j'avais envie de regarder un film. À trop rainer sur internet, l'heure avançait, et je ne voulais pas me farcir un film de 2 heures.
Je fouille dans les films dont j'ai oublié le thème.
There is light.
Une heure et huit minutes.
Banco, on vend la caravane.
Ah c'est japonais, ah oui, tiens, qu'est ce donc ?
Ah d'accord.
J'vais baisser le son, au cas où, on sait jamais si ça baise bruyamment. Les voisins, tu comprends.
Sexe et handicap, ce ne sera pas la première fois que je me retrouve à choisir ce thème sciemment.
États-Unis, Belgique, Québec. Je n'ai encore rien vu de français sur le sujet, si tu as de quoi apporter de l'eau à mon moulin, une lettre par exemple, je prendrais avec joie.
Le film nous rapporte rapidement que le Japon, cette patrie que l'on adore, quelque part, a bien du mal avec le handicap. Si bien que selon le film, les handicapés préfère ne pas trop sortir de chez eux.
Voilà donc un marché juteux pour cet entrepreneur qui mise tout sur les besoins sexuels des handicapés de sexe masculin.
Oui, on ne peut pas tout aborder d'un coup. La plupart des films que j'ai vus n'abordent le sujet que d'un point de vu masculin. Faut croire que les handicapées n'ont pas de besoins sexuels… c'est un autre débat me diras-tu, certes, mais il me parait important de le soulever quand même.
Le film opte pour le point de vue de Saori et la suit dans son travail de call girl de façon quasi documentaire. À ce titre, le parti pris est de ne fournir aucun effort sur le travail de la lumière et de livrer cette image presque brute.
Non pas sans artifice, juste assez pour ne pas avoir une image trop embarrassante. Nous n'avons pas à faire avec un film inspiré du Dogme non plus.
L'histoire va donc se concentrer sur son rapport avec trois clients. Trois acteurs, dont un seul est vraiment handicapé.
Tous ont un âge et une vision de leur handicap différente, parce que non seulement leur handicap est plus ou moins prononcé, plus ou moins mortel, mais aussi parce que leur philosophie de vie est différente.
Ce qui ressort surtout c'est leur envie de vivre, et là je t'entends marmonner qu'il n'y a rien de plus normal, compte tenu de l'écart qui se crée puisque la société les rejette et qu'elle préfère, en quelque sorte qu'ils se cachent pour qu'elle puisse mieux les ignorer.
C'est le plus jeune qui vit le plus mal son récent handicap car il l'empêche purement et simplement de goûter à l'épanouissement sexuel.
Le lien qui se crée entre Kenji -c'est son prénom- et Saori est quelque peu d'une platitude scénaristique, et c'est là que le film devient difficile à noter.
En effet, le discours de Nakajima, dont la maladie m'échappe car le nom est diablement difficile à retenir, est le plus intéressant.
C'est grâce à lui qu'on prend toute la mesure de l'inadéquation entre le Japon et ses handicapés.
Il conte à Saori le jour de sa naissance et je t'invite à voir le film pour savoir de quoi il en retourne.
Enfin le film ajoute aux pérégrinations de la demoiselle un épisode on ne peut plus anecdotique, quoi qu'il serve quand même à mieux cerner la personnalité du personnage, et je l'ai presque trouvé en trop.
Cela dit, le sujet est abordé, le point de vue est sans concession ou presque et ça vaut le coup d'œil. Si tu en ressors déçu, au moins tu pourras toujours te consoler en te disant que ça n'a duré qu'une petite heure mais si le sujet t'intéresses, pourquoi passer à côté de ce film ?
Et t'es encore en train de lire ma critique ?
xoxo
P.c. tu trouveras ce film plus facilement en cherchant There is light.